Association française de lutte contre l’endométriose

Le vocabulaire médical de l'endométriose

LES BASES : Comprendre l’endométriose, l’adénomyose, le péritoine et l’endomètre

Pour bien comprendre l’endométriose et ses conséquences, il est important de connaître quelques notions de base : ce qu’est la maladie, ce que recouvre l’adénomyose, ainsi que le rôle du péritoine et de l’endomètre. Ces repères anatomiques et physiopathologiques permettent de mieux saisir l’origine des symptômes et les mécanismes en jeu

Ces définitions ont été validées par un membre du comité scientifique d’EndoFrance.

Les bases : définir l’endométriose et l’adénomyose

L’INSERM (Institut nationale de la santé et de la recherche médicale) donne la définition suivante : l’endométriose est une maladie caractérisée par la présence anormale, en dehors de la cavité utérine, de fragments de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus. Ces fragments vont s’implanter et proliférer sur de nombreux organes sous l’effet de stimulations hormonales. Les principaux symptômes sont des douleurs (douleurs pelviennes notamment, surtout pendant les règles) et, dans certains cas, une infertilité.

Chaque mois, au moment des règles, des micro-hémorragies surviennent au niveau des lésions d’endométriose. Le sang ainsi accumulé à l’intérieur de l’abdomen ne peut pas être éliminé, et subit une dégradation progressive qui libère des enzymes responsables d’une intense réaction inflammatoire. 

Consultez également la page Définition de l’endométriose.

L’adénomyose est caractérisée par la présence anormale de tissu semblable à l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) à l’intérieur du muscle utérin, appelé myomètre. Cette infiltration provoque un épaississement et une modification du muscle, pouvant entraîner des règles très douloureuses, des saignements abondants et parfois des douleurs pelviennes chroniques. Comme l’endomètre, ce tissu réagit aux hormones du cycle menstruel, ce qui peut expliquer l’apparition ou l’aggravation des symptômes au moment des règles.

 

Consultez également la page Définition de l’adénomyose.

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Son rôle principal est de s’épaissir chaque mois sous l’effet des hormones afin de permettre l’implantation éventuelle d’un embryon. En l’absence de grossesse, cette muqueuse se désagrège et s’élimine lors des menstruations. Le développement et la régénération de l’endomètre nécessite l’action de deux hormones secrétées par l’ovaire: les œstrogènes et la progestérone.

Le péritoine est une fine membrane qui tapisse l’intérieur du ventre et du bassin, et qui recouvre la plupart des organes qui s’y trouvent, comme l’estomac, les intestins, le foie, l’utérus ou la vessie. Certains organes, comme les reins, sont situés juste derrière cette membrane.

Consultez également la page Définition de l’endométriose.

Les symptômes de l’endométriose : comprendre les termes médicaux

Les symptômes de l’endométriose sont le plus souvent douloureux. Pour mieux les comprendre, on utilise souvent la table des 5D, qui regroupe cinq grandes catégories de douleurs. Chacune de ces catégories peut constituer un signe clinique évocateur de la maladie.

Terme utilisé pour désigner les douleurs qui accompagnent les règles. Elles sont généralement ressenties dans le bas-ventre, le bas du dos ou le haut des cuisses. Dans certains cas, ces douleurs peuvent apparaître avant le début des règles ou persister après leur fin. Les dysménorrhées peuvent être liées à l’endométriose, à l’adénomyose, ou à d’autres situations gynécologiques.

En savoir plus sur la Dysménorrhée.

Terme utilisé pour désigner les douleurs ressenties pendant ou après les rapports sexuels. Dans l’endométriose, il s’agit le plus souvent de dyspareunies profondes c’est-à-dire de douleurs situées dans le bas-ventre, ressenties lors de la pénétration profonde. Ces douleurs peuvent être liées :

  • à des lésions situées près du vagin ou au niveau de la cloison recto-vaginale ;
  • à des lésions situées près du vagin ou au niveau de la cloison recto-vaginale ;
  • à une inflammation provoquée par une endométriose superficielle en regard du fond vaginal ;
  • à une inflammation provoquée par une endométriose superficielle en regard du fond vaginal ;
  • ou, dans certains cas, à une adénomyose sévère.
  • à une inflammation provoquée par une endométriose superficielle en regard du fond vaginal ;

En savoir plus sur la dyspareunie.

Terme employé pour exprimer une difficulté douloureuse pour éliminer les selles. Les dyschésies témoignent souvent de lésions situées au niveau de la cloison recto-vaginale qui touchent le rectum, mais elles peuvent être également le résultat de l’inflammation qui accompagne une endométriose superficielle localisée à proximité du rectum.

 

En savoir plus sur les troubles digestifs liés à l’endométriose.

Terme utilisé pour décrire les modifications du transit intestinal qui apparaissent au moment des règles. Ces troubles peuvent se manifester par des diarrhées (selles plus fréquentes ou plus molles), mais aussi par de la constipation cataméniale, qui est également fréquemment rapportée par les patientes.

Ces symptômes sont typiques en cas d’endométriose digestive, mais ils peuvent aussi résulter de l’inflammation liée à une endométriose superficielle située près du rectum.

Il est également fréquent que des patientes présentant une endométriose aient, en parallèle, des troubles digestifs fonctionnels (comme le syndrome de l’intestin irritable), ou plus rarement une maladie digestive inflammatoire (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique). Certaines études estiment que 50 à 60 % des patientes concernées peuvent présenter des symptômes digestifs associés.

 

En savoir plus sur les troubles digestifs liés à l’endométriose.

Terme employé pour désigner des difficultés, des troubles au moment de la miction (action d’uriner). Ces troubles peuvent s’accompagner de douleurs qui témoignent de lésions situées sur la vessie. Dans certains cas, les dysuries sont le résultat de l’atteinte des nerfs de la vessie par une endométriose de la cloison recto-vaginale.

 

En savoir plus sur les troubles urinaires liés à l’endométriose.

Mictions fréquentes, surtout si accompagnées de levers nocturnes. Elle peut être le résultat d’une atteinte sévère de la vessie par une endométriose profonde, ou simplement celui de l’irritation de la vessie par une endométriose superficielle. Assez souvent, il s’agit d’une pathologie urinaire associée à l’endométriose et appelée « bladder pain syndrome » ou « cystite interstitielle ». Cette pathologie nécessite une prise en charge spécialisée en urologie.

 

En savoir plus sur les troubles urinaires liés à l’endométriose.

Terme utilisé pour désigner des douleurs persistantes ou récurrentes qui ne sont plus rythmées par le cycle menstruel. Elles sont localisées dans la région pelvienne, c’est-à-dire la partie basse du ventre, où se situent la vessie, l’utérus, les trompes, les ovaires et le rectum.

Ces douleurs sont souvent complexes à traiter. Elles peuvent concerner des formes sévères d’endométriose, des situations multi-opérées, ou des patientes présentant d’autres pathologies douloureuses abdomino-pelviennes associées (syndrome de l’intestin irritable, bladder pain syndrome, névralgie pudendale, fibromyalgie, troubles musculo-squelettiques, etc.).

Elles peuvent être liées :

  • à une composante neuropathique (douleurs provenant des nerfs périphériques) ;
  • à des adhérences ;
  • ou à des cicatrices post-chirurgicales.

Ce type de douleurs nécessite une prise en charge spécialisée, souvent dans un centre de la douleur, où une évaluation globale et des traitements adaptés peuvent être proposés.

 

En savoir plus sur les douleurs pelviennes chroniques.

Consultez également la page Symptômes de l’endométriose.

Les formes : Les différentes localisations possibles de l’endométriose

Il existe autant de formes d’endométriose que de personnes menstruées et de femmes concernées. Il n’existe aucune corrélation entre l’intensité des douleurs et la forme de la maladie. Il est également possible de présenter plusieurs formes d’endométriose simultanément.

L’endométriose superficielle correspond à la présence de petites lésions situées à la surface du péritoine, la membrane qui tapisse l’intérieur du ventre et du bassin. Ces lésions sont souvent millimétriques, parfois difficiles à voir lors des examens, mais elles peuvent provoquer des douleurs importantes.

L’endométriose profonde désigne des lésions situées sous la surface du péritoine, généralement à plus de 5 mm de profondeur, et pouvant atteindre différentes structures anatomiques pelviennes telles que les ligaments utéro-sacrés, la cloison recto-vaginale, le vagin, le rectum ou la vessie.

Les adhérences sont généralement la conséquence des phénomènes inflammatoires cycliques, qui entraînent des accolements de différentes structures anatomiques (les ovaires à l’utérus, le colon à l’utérus, etc.).

Les endométriomes sont des lésions kystiques contenant un liquide épais de couleur chocolat. Leur développement se fait sous la forme d’une « invagination » du tissu endométrial qui « refoule » progressivement le tissu ovarien.

Terme employé pour définir des lésions qui envahissent en profondeur soit un organe soit la zone sous péritonéale. On retrouve le plus souvent ces nodules profonds, qui s’apparentent à une petite boule, au niveau des ligaments utéro-sacrés (ligament reliant l’utérus au sacrum en arrière), la zone recto-vaginale, le vagin, le rectum, la fossette ovarienne. Moins fréquemment, ils peuvent se situer au niveau de la vessie ou du sigmoïde et plus rarement encore sur tout autre organe abdominal.

Pour aller plus loin

L’endométriose superficielle correspond à la présence de petites lésions situées à la surface du péritoine, la membrane qui tapisse l’intérieur du ventre et du bassin. Ces lésions sont souvent millimétriques, parfois difficiles à voir lors des examens, mais elles peuvent provoquer des douleurs importantes.

L’endométriose profonde désigne des lésions situées sous la surface du péritoine, généralement à plus de 5 mm de profondeur, et pouvant atteindre différentes structures anatomiques pelviennes telles que les ligaments utéro-sacrés, la cloison recto-vaginale, le vagin, le rectum ou la vessie.

Les adhérences sont généralement la conséquence des phénomènes inflammatoires cycliques, qui entraînent des accolements de différentes structures anatomiques (les ovaires à l’utérus, le colon à l’utérus, etc.).

Les outils du diagnostic : les examens radiologiques.

Les examens d’imagerie occupent une place essentielle dans le diagnostic de l’endométriose.

En 2025, la Société d’Imagerie de la Femme (SIFEM), la Société Française de Radiologie (SFR) et le Conseil National Professionnel (CNP) de Radiologie, en collaboration avec le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), ont actualisé les recommandations relatives aux bonnes pratiques en échographie et en IRM dans l’endométriose. Le 15 mai 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié l’actualisation de ses recommandations de bonne pratique « Actualisation de la place des différents examens d’imagerie pour le diagnostic d’endométriose« , qui précise la place respective des différents examens d’imagerie.

L’échographie est un examen d’imagerie utilisant les ultrasons pour visualiser les organes internes. Pour explorer plus précisément l’utérus, les ovaires et la région pelvienne. Une fine sonde est introduite dans le vagin afin d’obtenir des images détaillées. L’échographie est particulièrement utile pour détecter la présence de kystes ovariens (endométriomes) et certaines lésions d’endométriose. Toutefois, des lésions superficielles ou très petites peuvent ne pas être visibles. L’échographie endovaginale est l’examen d’imagerie de première intention dans le cadre de la suspicion d’endométriose. Elle doit être réalisée par un radiologue formé.

L’IRM est une technique d’imagerie qui utilise un champ magnétique et des ondes radio pour produire des images en 2D ou 3D, particulièrement performantes pour l’étude des tissus mous (utérus, ovaires, rectum, vessie, ligaments pelviens, etc.).

Dans le cadre de l’endométriose, l’IRM permet :

  • de visualiser les kystes ovariens (endométriomes) ;
  • d’identifier des lésions profondes (ligaments utéro-sacrés, cloison recto-vaginale, rectum, vessie) ;
  • de compléter l’échographie endovaginale en recherchant des atteintes invisibles lors du premier examen.

L’IRM ne remplace pas l’échographie endovaginale, mais intervient en deuxième intention.

Consultez également la page : Le diagnostic de l’endométriose.

Technique chirurgicale, mini-invasive. Elle consiste en l’introduction d’une petite caméra via le nombril, et de différents instruments via des incisions de 5 à 10 mm. Dans le cadre d’une endométriose, la cœlioscopie apparaît comme l’examen de référence pour la pose d’un diagnostic complet. Elle permet en effet de visualiser directement les lésions, de prélever des biopsies afin de confirmer le diagnostic et de réaliser des interventions chirurgicales curatives extrêmement complexes.

A noter : les dernières recommandations pour la pratique clinique de l’endométriose ne sont pas en faveur de la coelioscopie a visée diagnostique. Elle ne doit être envisagée que si un geste chirurgical justifié y est associé.

C’est un acte chirurgical qui consiste à ouvrir l’abdomen de manière horizontale ou verticale afin d’accéder à la cavité abdominale. Longtemps utilisée dans le cadre du traitement chirurgical de l’endométriose, la laparotomie a progressivement cédé sa place à la coeliosocopie. Aujourd’hui et sauf urgence, c’est la coelioscopie qui est privilégiée.

Examen radiologique de l’utérus et des trompes, utilisant les rayons X et effectué après l’introduction, via une petite sonde, d’un liquide opaque dans le col de l’utérus. L’hystérographie permet ainsi de rechercher les malformations utérines, les déformations de la cavité utérine par des adhérences ou la perméabilité des trompes. Cet examen, qui a un rôle important dans l’exploration d’une infertilité, n’est toutefois pas recommandé en première intention pour le diagnostic d’une endométriose.

Réalisation d’une échographie pelvienne à l’aide d’une sonde fine qui est introduite dans le rectum. Cet examen est réservé à l’exploration des lésions d’endométriose profonde qui pourraient concerner le rectum, jusqu’à 25 cm au dessus de l’anus.

Examens par tomographie computérisée, qui réalisent une exploration fine de l’ensemble du rectum et du colon, respectivement des uretères, dans le cas de certaines formes sévères d’endométriose profonde.

Consultez également la page Le diagnostic de l’endométriose.

Les examens complémentaires et techniques chirurgicales

Les examens complémentaires permettent d’affiner le diagnostic, d’évaluer l’étendue des lésions et d’orienter la prise en charge la plus adaptée à chaque patiente.

Il s’agit d’une échographie réalisée à l’aide d’une sonde fine introduite dans le rectum. Cet examen permet d’explorer de façon précise les lésions d’endométriose profonde susceptibles d’atteindre la paroi du rectum ou la jonction recto-sigmoïdienne, jusqu’à environ 25 cm au-dessus de l’anus. L’échographie endorectale est particulièrement utile pour évaluer la profondeur d’infiltration rectale et préciser l’extension des lésions avant une prise en charge spécialisée.

Examen radiologique de l’utérus et des trompes, utilisant les rayons X et effectué après l’introduction, via une petite sonde, d’un liquide opaque dans le col de l’utérus. L’hystérographie permet ainsi de rechercher les malformations utérines, les déformations de la cavité utérine par des adhérences ou la perméabilité des trompes. Cet examen, qui a un rôle important dans l’exploration d’une infertilité, n’est toutefois pas recommandé en première intention pour le diagnostic d’une endométriose.

Ce sont des examens réalisés par tomodensitométrie (scanner).

  • Le coloscanner à l’air, ou coloscopie virtuelle, permet une exploration détaillée du rectum et du côlon grâce à une insufflation d’air ou de CO₂.
  • L’uroscanner permet d’examiner l’appareil urinaire, en particulier les uretères.

Ces examens peuvent être utiles dans l’évaluation de certaines formes sévères d’endométriose profonde digestive ou urologique, notamment en contexte préopératoire. Ils ne sont pas recommandés en première intention pour le diagnostic de l’endométriose. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS, 2017), la cœlioscopie ne doit pas être réalisée dans un but purement diagnostique.

La chirurgie robot-assistée est une technique chirurgicale mini-invasive dans laquelle le chirurgien réalise l’intervention en manipulant un robot depuis une console. Le robot reproduit ses gestes avec une très grande précision grâce à des instruments articulés et une vision en 3D haute définition. Dans l’endométriose, cette approche peut être particulièrement utile pour : 

  • traiter des lésions profondes situées dans des zones difficiles d’accès (rectum, cloison recto-vaginale, uretères, vessie) ;
  • effectuer des dissections fines lorsque les structures anatomiques sont très proches ou enflammées ;
  • améliorer la précision des gestes, notamment dans les cas complexes ou nécessitant une reconstruction.

La chirurgie robot-assistée ne remplace pas la cœlioscopie classique, mais constitue une option supplémentaire dans les centres disposant de cette technologie. Le choix dépend de l’expérience de l’équipe chirurgicale et de la complexité des lésions.

Consultez également la page Le diagnostic de l’endométriose.

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