Les projets de recherche sur l’endométriose

À ce jour, EndoFrance a participé au co financement de 14 projets de recherche clinique dédiés à l’endométriose à hauteur de 150 000

ERAS, Récupération Améliorée Après Chirurgie

CHU de Besançon (25) Dr Courtois

Le Service de Gynécologie du CHU de Besançon a mis en place un programme de Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie, intitulé la méthode ERAS°. C’est une approche multimodale innovante englobant plusieurs actions dans la période pré, per et post opératoire afin de réduire le stress chirurgical et ses complications. Le patient devient un véritable acteur de sa prise en charge.

Une équipe pluridisciplinaire composée d’un chirurgien gynécologue, de deux anesthésistes, de deux infirmières coordinatrices et d’une cadre supérieure a ainsi été formée. L’implémentation de ce programme va permettre au Service de Gynécologie d’être labellisé ERAS°, gage d’excellence. Les patientes qui devront subir une intervention chirurgicale dans le cadre d’une endométriose ou d’un cancer pelvien pourront bénéficier de ce programme ; le but étant d’étendre ce programme à toute chirurgie gynécologique.

Elimination des lésions d’endométriose par une modification des acteurs de l’immunité

INSERM Toulouse (31) Dr Tabiasco

L’endométriose est une maladie gynécologique fréquente qui concerne une femme sur dix. Elle est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus. La présence de ce tissu hors de la cavité utérine induit une réponse immunitaire qui n’est pas efficace et ne permet pas l’élimination de ce tissu. Au contraire, cette réponse immunitaire semble participer à l’installation des lésions responsable des différents symptômes ressenti par les femmes souffrant d’endométriose. Nos connaissances en matière de microenvironnement immunitaire dans les tissus nous ont amenées à émettre l’hypothèse que le rétablissement d’une réponse immunitaire correcte au niveau du site d’implantation des lésions pourrait en permettre l’éradication. Nous proposons un projet de recherche qui vise à mettre en évidence les facteurs responsables de l’inefficacité de la réponse immunitaire et à développer un protocole de traitement permettant de restaurer une réponse immunitaire efficace qui empêchera l’apparition et le développement des lésions. Nous avons déjà identifié une cible moléculaire pour laquelle nous disposons d’inhibiteurs pharmacologique. Les retombées de ce projet de recherche ouvriront de nouvelles pistes pour le développement de nouveaux traitement de l’endométriose.

Effet de la chirurgie des lésions d’endométriose profonde sur l’endomètre – Endomics

Association ADREGOF Paris (75) Dr Marcellin

L’endométriose est une maladie gynécologique bénigne et fréquente, définie par la présence d’endomètre fonctionnel en dehors de la cavité utérine. Elle est responsable de douleurs pelviennes chroniques invalidantes et d’une infertilité, avec un impact psychosocial important.

La théorie de l’implantation est celle la plus communément acceptée pour expliquer l’origine de la maladie : elle correspond à une migration des tissus de l’endomètre de l’utérus dans la cavité péritonéale par un reflux menstruel. Ce reflux existe chez une majorité de femmes en âge de procréer alors que l’endométriose touche 10 % d’entre elles. Cette différence suggère l’existence d’autres phénomènes responsable de l’endométriose.

Récemment des études ont permis de montrer que les femmes atteintes d’endométriose présentaient un risque plus élevé de fausse couches et de grossesses compliquées (accouchements prématurés, petits poids de naissance, hypertension gravidique). Dans certains cas, le recours à un traitement chirurgical est proposé pour améliorer la fertilité. Par ailleurs de rares études ont montré de façon variable que la chirurgie pouvait améliorer les issues obstétricales. Ces données suggèrent que lors du développement de l’endométriose il y a des altérations de l’endomètre [soit par des modifications du tissu utérin lui-même, soit par une dérégulation du système immunitaire et/ou inflammatoire lié à la présence de lésions endométriosiques en dehors de l’utérus (lésions ectopiques)], et ces altérations seraient potentiellement réversible après un traitement chirurgical. Aucune étude n’a étudié l’impact de la chirurgie des lésions ectopiques sur le fonctionnement de l’endomètre. Le but de cette étude est de vérifier si la chirurgie des lésions d’endométriose profonde provoque une modification de l’expression des gènes de l’endomètre. Cette étude permettra de mieux comprendre les effets liés à la chirurgie et ainsi envisager de nouvelles modalités de traitement des patientes.

Mieux caractériser la phase d’initiation de l’endométriose

INSERM Toulouse (31) Dr Chantalat

L’endométriose est une maladie chronique entrainant une altération majeure de la qualité de vie: absentéisme scolaire ou professionnel, vie sexuelle… Les traitements proposés sont également responsables de ce retentissement. La chirurgie lourde, souvent nécessaire du fait d’une résistance aux traitements médicamenteux (déjà non dénués d’effets secondaires) entraine une morbidité non négligeable, notamment chez les patientes ayant une atteinte digestive (dérivation digestive temporaire, hospitalisation prolongée…). Pourtant ces traitements ne sont que symptomatiques car une récidive est présente dans 20% des cas.

Le but de notre étude est de réfléchir à une nouvelle stratégie thérapeutique, ciblant la phase d’initiation de la maladie jusqu’ici incomprise. En effet, 90% des femmes présentent un reflux de sang par les trompes lors des menstruations, qui serait à l’origine de l’endométriose. Pourtant seulement 10% d’entre elles présenteront des lésions d’endométriose. Pourquoi chez certaines, le reflux crée une lésion d’endométriose? Il est donc nécessaire de mieux connaitre les mécanismes d’initiation de l’endométriose. Selon des études préliminaires, l’initiation de l’endométriose serait lié à une altération du système immunitaire couplé à des mécanismes liés aux récepteurs aux oestrogènes.

Pour cela nous mènerons une étude du système immunitaire chez des patientes opérées pour de l’endométriose, et nous nous intéresserons spécifiquement aux patientes ayant un déficit immunitaire. Cela nous permettra de caractériser le type de récepteur aux oestrogènes impliqué dans cette phase d’initiation.

Cette étude impliquant chercheurs et chirurgiens pourrait nous permettre d’ouvrir la voie à de nouvelles thérapeutiques combinées dès la phase d’initiation de la maladie.

Endomaîtrise Un programme de soins holistique dédié à l’endométriose

Projet de la Clinique du Val d’Ouest – (69)  Dr Benjamin Cotte

Endomaitrise est une association regroupant 17 praticiens ayant créé le premier programme de soins holistique pour l’endométriose, alliant médecine douce, diététique et activité physique adaptée.Ce programme est centralisé autour de la Clinique du Val d’ouest et a débuté il y a 1 an. Il rencontre une satisfaction totale auprès des patientes traitées. Il suscite aussi beaucoup de demandes d’information de la part du grand public. EndoFrance a financé la création d’un site internet dédié pour Endomaitrise afin de répondre aux demandes d’informations de tout type.

EndoDol Une prise en charge coordonnée de la douleur de l’endométriose

Centre anti-douleur : évaluation et traitement de la douleur chronique – Hôpital de la Croix rousse et Hospices civils de Lyon (Pr Gil Dubernard, Dr Patricia Branche, Marie Demahis)

L’objectif principal de cette étude est de développer une prise en charge innovante « endométriose et douleurs » entre la gynécologie et la consultation douleur, un parcours intra-hospitalier coordonné, proposé à ces patientes au sein de l’hôpital de la Croix-Rousse. Cette prise en charge est ouverte à l’ensemble des patientes consultant dans les différents services des Hospices Civils de Lyon.

Evaluer de façon scientifique le bénéfice d’une prise en charge multi disciplinaire incluant une prise en charge groupale psychologique et corporelle, non médicamenteuse et complémentaire à l’action chirurgicale, dans l’évolution de la symptomatologie douloureuse de l’endométriose permettra de noter son impact sur l’amélioration de la qualité de vie de ces patientes.

ComPaRe : Cohorte spécifique endométriose

Projet porté par l’APHP

ComPare est la communauté de patients pour la recherche. Il s’agit d’un projet scientifique visant à faire avancer la recherche sur les maladies chroniques. Les participants répondent régulièrement à des questionnaires portant sur les symptômes, la qualité de vie, les traitements et les relations avec les soignants. Nous avons rejoint ComPaRe en janvier dernier avec pour objectif de créer une cohorte endométriose avec des questionnaires spécifiques à cette pathologie. Pour que les résultats soient représentantifs, 10 000 femmes devaient être inscrites sur la plateforme. EndoFrance est membre du comité scientifique de ComPaRe.

Etude des bases génétiques de l’endométriose

Un projet pour l’INSERM (Carole Abo, équipe  Vaiman – Institut Cochin)

L’objectif final de ce projet serait de proposer un diagnostic plus précoce et peu invasif de l’endométriose, à partir d’un prélèvement sanguin.

Une autre partie du projet s’intéresse à l’origine génétique de la maladie. En s’appuyant sur l’analyse du génome de plusieurs femmes atteintes de la maladie au sein d’une même famille, l’objectif sera d’identifier les gènes augmentant le risque de développer une endométriose.

NO ENDO une base de données

Pour le Groupement d’études gynécologiques et obstétricales (Pr Bourdel et Claire Figuier)

La recherche en endométriose manque d’études apportant des preuves fiables pour avancer de manière significative. L’ampleur et la complexité de la maladie impose de passer au big data.

Notre projet consiste en la création d’un outil informatique dédié qui permettra d’obtenir une base de données « online », accessible via des systèmes de sécurité adaptés. Tous les centres participants y auront accès. La nouveauté, en plus de la mutualisation de la base entre les centres, sera la simplification d’utilisation et la potentialisation du suivi des patientes.

Contaminants organiques et endométriose

Une étude menée par l’association nantaise des problèmes de reproduction (Dr Ploteau)

Ce projet vise à étudier l’impact des produits contaminants organiques sur la physiopathologie de l’endométriose. Fort d’un partenariat de recherche avec le Laboratoire d’étude des résidus et contaminants dans les Aliments, le service de gynécologie du CHU de Nantes a développé une première étude cas-témoins. La comparaison entre les cas (endométriose profonde) et les témoins a permis de mettre en évidence une association significative entre certains POPs et l’endométriose profonde. Celle-ci était d’autant plus significative lorsque l’endométriose profonde était associée à des endométriomes. Les données générées sur cette première étude sont encore en phase d’analyse afin de mieux comprendre la relation entre les POPs et le risque d’endométriose.

Etude sur la relation entre endométriose profonde et adénomyose

Étude portée par le Dr Louis Marcellin – Cochin.

L’adénomyose existe également sous plusieurs formes dont les principales sont l’adénomyose diffuse et focalisée. Une relation entre endométriose et adénomyose existe. Il a été montré que l’adénomyose focalisée était associée à l’endométriose profonde. Mais le lien physiopathologique n’est pas connu.  L’objectif de l’étude est de déterminer quel lien existe entre les cellules d’endométriose et d’adénomyose et de définir quelle mutation génétique serait commune aux deux pathologies.

Les projets de recherche financés en 2017

ENDOPRINT

Initié par le Dr Jean Vialard et son équipe (Clinique de la Sagesse).

Le projet vise à découvrir des biomarqueurs de l’endométriose ; il est basé sur un travail collaboratif interdisciplinaire s’appuyant sur des concepts biologiques, chimiques, médicaux et informatiques et faisant intervenir des experts de chacune de ces spécialités. Il devrait permettre d’améliorer les connaissances actuelles de l’endométriose et d’identifier les marqueurs spécifiques prédictifs de l’endométriose et ainsi améliorer la prise en charge et le traitement des futurs patientes.

ENDO ALGO BASE

Initiée par le Pr Chrystèle Rubod et son équipe (CHRU Lille).

Le projet consiste à créer une base de données sur les patientes atteintes d’endométriose pelvienne prises en charge au CHRU. Cette cohorte de patientes permettra de mener des recherches cliniques afin d’évaluer les causes, mécanismes et critères évolutifs de cette pathologie et de la douleur, ainsi que les prises en charge proposées.

Un logiciel dédié au projet CIRENDO

pour l’équipe du Pr Roman

Il existe à ce jour très peu de registres prospectifs qui permettent le suivi à long terme des patientes traitées pour une endométriose. Pour ces raisons, il existe peu de données dans la littérature sur le devenir des patientes au delà de 2 ans après la chirurgie. La cohorte CIRENDO répond à ce manque de données en assurant le suivi à long terme d’un nombre élevé de patientes avec des formes variées d’endométriose, et constitue une riche base de données, unique en son genre, qui permet la réalisation d’un nombre élevé d’études originales, dont l’intérêt est reconnu dans le monde. La cohorte a la vocation de continuer le suivi pour
toutes les patientes jusqu’à 10 ans postopératoires. Dans le cadre de cette étude, l’utilisation du logiciel MedSharing permettra l’intégration, la gestion et le traitement des données issus des questionnaires envoyés aux patientes inclues dans l’étude CIRENDO.
Dans le cadre de cette étude, EndoFrance finance l’utilisation du logiciel MedSharing qui permettra l’intégration, la gestion et le traitement des données issus des questionnaires envoyés aux patientes inclues dans l’étude CIRENDO.

Endora : Une base de données

pour l’équipe du Pr Golfier – Hospices civils de Lyon

L’objectif du Projet est d’améliorer la connaissance de l’endométriose et de pouvoir permettre de répondre à des questions scientifiques actuelles et futures concernant la pathologie.
L’objectif principal est d’évaluer l’impact de la prise en charge diagnostique et thérapeutique
des patientes sur leur qualité de vie, d’identifier les facteurs liés à l’altération de la qualité de vie.

Les projets de recherche financés en 2016

ENDOCAP

Projet initié par l’équipe du Pr. Fauconnier et du Dr. Panel

Cette étude est menée par Stéphanie Staraci au sein du laboratoire RISCQ de l’université de médecine de Saint-Quentin en Yvelines, sous l’égide de l’Institut de Recherche en Santé de la femme, dirigé par Florence Francillon. Cette étude multicentrique vise à mesurer le degré de handicap des femmes souffrant d’endométriose. Ceci pourrait contribuer à une meilleure reconnaissance de la maladie en tant que phénomène ayant des conséquences sur le travail et la vie intime des femmes. Par ailleurs, le développement de connaissances précises sur le handicap lié à cette maladie pourrait permettre de développer des programmes de prise en charge non médicale telle que l’accompagnement, le partage d’expérience et l’éducation thérapeutique, ce que fait EndoFrance depuis 15 ans maintenant. Cette étude est en cours de recrutement CHI de Poissy et CH de Versailles.

De plus, EndoFrance a soutenu plusieurs équipes dans le montage ou la réalisation et le recrutement de patientes pour des projets de recherche portant sur l’endométriose et a ainsi collaboré aux projets suivants :

Endométriose héréditaire

Recherche sur le caractère héréditaire de l’endométriose avec le CHU de Montpellier.

Cette étude est en cours d’analyse.

EHP-30

Validation du questionnaire EHP-30, portant sur la qualité de vie des femmes atteintes d’endométriose, en français. Elle a été menée par le CHU de Clermont Ferrand.

Cette étude en cours de publication

DEVA

Mise au point de l’auto-questionnaire de diagnostic de l’Endométriose DEVA, développé avec une équipe de médecins sous la direction du Pr Fauconnier.

Cette étude est terminée.

ENDOFERT

Étude évaluant les bénéfices pour la fertilité de la chirurgie complète de l’endométriose pelvienne profonde avec atteinte colorectale suivie d’une FIV par rapport à la FIV en 1ère intention.

Cette étude est en cours de recrutement 

ENDOSTIM

Étude évaluant la faisabilité de la stimulation magnétique transcrânienne (SMT) à visée antalgique sur les douleurs chroniques réfractaires d’endométriose. La SMT haute fréquence (10 Hz) a prouvé son efficacité antalgique sur différents types de douleur notamment viscérale, c’est pourquoi elle est ici testée pour la 1ère fois, à visée antalgique dans l’endométriose.

Cette étude est en cours de recrutement au CHU de Clermont Ferrand

Un grand merci à Laëtitia et à nos généreux donateurs qui nous aident à faire avancer la recherche !

Mis à jour le Jan 18, 2020 @ 9h56

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