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PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE DES FEMMES SOUFFRANT D'ENDOMETRIOSE Stéphanie Staraci Psychologue clinicienne à l'hôpital intercommunal de Poissy Septembre 2009 Publié avec l'aimable autorisation de la revue InterblocL'endométriose est une maladie dontl'étiologie et le développement restentmystérieux malgré les progrès de lamédecine. C'est une maladie qui est avanttout difficile à vivre pour les patientes etqui vient toucher l'intimité profonde dela femme. Au coeur de la féminité, elleengendre des modifications au sein desrelations du couple, mais parfois aussi dansla sphère professionnelle. Elle vient égalementquestionner le désir d'enfant et lerapport que la femme entretient avec soncorps qui est bien souvent source de douleur.Il semblerait alors nécessaire d'intégrerun soutien psychologique au traitementmédical. Pourtant, celui-ci est rarementproposé. Sans aborder dans cet article lesujet controversé du rôle du psychisme etdu stress dans la genèse de l'endométrioseou celui des algies d'origine psychique, commentexpliquer les raisons du manque deprise en charge psychologique de patientessouffrant d'endométriose ? Conséquences psychologiquesde l'endométriose L'endométriose est une maladie chroniquequi affecte la qualité de vie despatientes à différents niveaux. Peu depublications se sont réellement intéresséesà l'état psychique des femmesprésentant cette pathologie. Le premierpoint important autour de l'endométrioseest le vécu des douleurs chroniques.De nombreuses études ont montré untaux de dépression important chez lesfemmes atteintes d'endométriose etplus particulièrement chez celles ayantde fortes douleurs pelviennes. Ces dernières ne sont pas pour autant unmotif de consultation auprès des psychologues.Cela peut s'expliquer parle fait que les douleurs chez la femmerestent extrêmement banalisées. Il estcommunément "normal" de ressentirdes règles douloureuses, d'autant pluslorsque ce phénomène est fréquentchez les autres femmes de la familledes patientes. Le deuxième facteur qui influence la qualitéde vie des patientes est la fréquencede la dyspareunie qui affecte les relationsde couple. Les douleurs pelviennes chroniquesne peuvent être appréhendées horsde la sexualité. Les difficultés sexuellessont souvent retrouvées comme étantréactionnelles à la douleur et sont l'objetde plaintes. Certaines patientes exprimentleur insatisfaction, leur souffrance et leursangoisses autour des rapports sexuels.L'expérience de la douleur limite l'activitésexuelle pour la majorité des femmes,voire même l'empêche totalement. Lemanque d'activité sexuelle conduit à unebaisse de l'estime de soi et à un sentimentde culpabilité vis-à-vis du partenaire. Lasexualité du couple devient dépendantede l'évolution de la maladie. Ainsi, uneétude menée auprès des conjoints defemmes souffrant d'endométriose amontré que le sentiment d'impuissanceest souvent ressenti par ces derniers (1). L'endométriose peut aussi avoir un impactsur la vie sociale et professionnelle despatientes. On observe une restrictiondes relations sociales, et l'absentéismedes patientes suscite leur crainte deperdre leur emploi. Enfin, les conséquences de l'endométriosesur la fertilité d'une femmesont aussi observées et engendrentde l'anxiété. Une étude (2) concernantdes femmes infertiles présentait unniveau d'anxiété plus grand chez cespatientes, les rendant plus sensiblesau stress. Il est donc difficile pour les femmesendométriosiques de pouvoirconstruire des projets d'avenir avecleur conjoint. Savoir identifierl'endométriose Le délai séparant le début des troubleset le premier diagnostic de la maladieest souvent anormalement long, plusieursannées durant lesquelles lespatientes auront dû gérer le déni deleur état par leur entourage ou pardes professionnels. Lorsque l'originede leur trouble est enfin identifiée, lespatientes ressentent un soulagementcar le diagnostic représente aussides perspectives thérapeutiques. Lespatientes placent beaucoup d'espoirsdans les interventions chirurgicalescar elles soulagent indéniablementces dernières. Par ailleurs, les traitementsmédicamenteux induisentdes effets secondaires importants. Leterme de ménopause induite est biensouvent difficile à accepter. De plus,les oestrogènes jouent un rôle notabledans le déséquilibre psychologiqueet l'humeur. Soutien psychologique Bien que l'endométriose altère la qualitéde vie des patientes, ces dernières ne sevoient proposer une prise en charge psychologiqueque dans deux cas : - pour des douleurs chroniques avantqu'une étiologie organique ne soitidentifiée et que le diagnostic d'endométriosene soit posé. Ainsi, durant leursannées d'errance, certaines patientes sontenvoyées vers des psychologues pourpathologie imaginaire. Le fait d'adresserles patientes à des psychologues laissentpenser qu'elles n'ont rien ou que l'étiologiede leurs douleurs est psychique, cequi est difficile à entendre pour ces dernièresqui se sentent incomprises. Cettesituation reflète le fait que parfois le corpsmédical peut encore se sentir démuni faceaux patientes présentant des douleurs pelvienneschroniques.
- dans un parcours de procréation médicalementassistée. Un diagnostic a alors étédéjà établi et le corps médical reconnaîtla souffrance physique et psychique desfemmes. Le désir d'enfant va justifier unedemande de soutien psychologique.Ce n'est que lorsqu'elle se sent reconnuepar le corps médical que la femme souffrant d'endométriose peut formulerune demande de soutienpsychologique.
Ainsi, il faut avant tout reconnaître ladouleur de la patiente pour pouvoirlui proposer un espace où son vécu, sesangoisses et ses émotions seront prisesen compte et reconnues. Adresser une patiente à un psychologue,c'est reconnaître l'impact dela maladie sur sa qualité de vie. Conclusion Si la chirurgie et les traitementsmédicaux soulagent la douleur physique,la douleur psychique des patientesnécessite également une priseen charge pluridisciplinaire incluant lapossibilité d'écouter le vécu et le ressentides patientes, afin de soigner et d'accompagnerles femmes qui souffrent de cettepathologie énigmatique. Stéphanie Staraci Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cet article ou publiées dans la référence citée Note - Fernendez I, Reid C, Dziurawiec S. Living withendometriosis: the perspective of male partners.Journal of Psychosomatic Research. (Oct) 2006 ;61(4) : 433-8.
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