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EndoFrance en actions - Réponse à l'article de Jean-Michel Louka

Novembre 2007

Ce droit de réponse est publié sur notre site avec l'aimable accord des Editions Elsevier Masson dans la revue Gynécologie Obstétrique & Fertilité de novembre 2007.

Nous souhaitons réagir ici à l’article titré "Prolégomènes à tout abord psychanalytique de l’endométriose" rédigé par Jean-Michel Louka car si nous entendons bien qu’il s’agit d’une théorie exposée par ses soins, il n’en demeure pas moins qu’en tant qu’association de patientes, et malades nous-mêmes, nous savons que l’origine, la cause première de l’endométriose, ainsi que l’écrit l’auteur, ne saurait être imputée à des psychotraumatismes d’ordre sexuel pour la simple et bonne raison que la grande majorité des femmes que nous représentons n’en ont pas vécu.

Comprenons-nous bien ! Il ne s’agit pas ici de faire en sorte de préserver nos egos qui pourraient souffrir si d’autres disaient de nous que nous avons été violées - la seule honte est celle du violeur - mais simplement de rapporter la réalité à laquelle nous sommes confrontées dans notre engagement associatif.

Pourquoi avoir demandé ce droit de réponse ?

Le délai d’accès au diagnostic en France est de six ans en moyenne. De par notre expérience associative, nous savons que celui-ci peut s’allonger considérablement et atteindre plus de dix ans. Des années de vie pendant lesquelles la maladie a eu le temps de prendre des proportions handicapantes, années pendant lesquelles les patientes ont été prises pour folle par leur entourage familial et professionnel, mais, plus grave, par certains médecins qui les ont renvoyées vers des « psys » pour maladie imaginaire. Ceci explique à n'en pas douter « les relations modifiées » que les patientes entretiennent avec leur entourage et plus particulièrement avec le corps médical.

Une théorie attribuant aux seuls psychotraumatismes sexuels l’origine de l’endométriose ne peut que nuire à la correcte prise en charge des patientes. Cela ne reviendrait-il pas à conclure que pour guérir l’endométriose, une psychanalyse suffit ? Quant aux « zones du corps symboliquement investies », nous devons certainement souffrir d’un manque cruel d’imagination pour les atteintes pulmonaires ou pleurales.

Loin des supputations, l’épidémiologie et la génétique ont prouvé que l’endométriose est liée à des facteurs génétiques, hormonaux, immunitaires, environnementaux et héréditaires. Que l’immunologie soit perturbée par des chocs psychologiques, quels qu’ils soient et pas seulement sexuels, nous n’en doutons pas. Que ceci puisse être, sur un terrain génétique favorable en présence d’autres facteurs de greffe, un facteur accélérateur de la greffe des cellules endométriales, pourquoi pas. Qu’il soit bénéfique pour les femmes qui le souhaitent – il ne saurait être question d’une obligation comme cela semble induit par l’auteur – de recourir à un soutien psychologique afin de ne pas ajouter de la douleur morale à la douleur physique, tout à fait d’accord. Que face à des situations difficiles comme l’infertilité ou les tensions au sein du couple, et des opérations lourdes comme une stomie, une hystérectomie ou encore une thoracotomie, ce soutien psychologique leur soit proposé lors de la consultation gynécologique, parfait.

La prise en charge de l’endométriose doit être multi-disciplinaire et tout ce qui peut contribuer à apporter du bien-être à la patiente est le bienvenu. Mais il n’en demeure pas moins que la chirurgie, le traitement médical et le suivi radiologique forment les pilliers incontournables de celle-ci. Non pas parce que les patientes ne sont pas prêtes à accueillir autre chose que la démarche scientifique, loin s’en faut puisqu’elles sont les premières à tester nombre de médecines plus ou souvent moins officielles, mais parce qu’un endométriome, une adhérence, un nodule, un pneumothorax cataménial n’ont jamais été soignés ou jugulés par autre chose.

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