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Forum Femme Travail Handicap

Novembre 2009

L'association Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir (FDFA) s'attache à améliorer l'égalité homme femme et à dénoncer les points d'achoppement qui existent encore de nos jours.

En novembre 2009, cette association organisait à la mairie du XVIIIème arrondissement de Paris un forum Femme, Travail, Handicap. Prisca, notre représentante en Ile de France, vous propose un compte-rendu de cette journée.

Ce compte rendu est loin d'être évident car ce forum était très riche en informations, la table ronde n'était malheureusement pas facile à suivre (problème de sonorisation, deux groupes dans la même pièce...).

Cet après-midi m'a également donné la possibilité de croiser le chemin de Joëlle Mezza qui fait une thèse actuellement et que j'ai aidée en acceptant une interview.

L'après-midi a commencé par l'intervention de Madame Lalem, Adjointe au Maire.

Madame Lalem rappelle que la Ville de Paris est très attachée à l'intégration sociale et professionnelle des personnes handicapées.

Dans la théorie, les personnes en situation de handicap devraient représenter 6% des emplois mais 3% dans les faits et l'emploi des femmes représente 36% des ces embauches.

Elle a souligné le fait que les femmes handicapées sont plus victimes de violences que les autres et que les plaintes liées au handicap saisies à la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) représentent 21%.

Madame Jegu,juriste à la HALDE, explique en quelques mots ce qu'est la HALDE. C'est une autorité administrative indépendante créée en application d'une directive Européenne.

Lorsque la HALDE est saisie, elle a pour mission de mener l'enquête et de rassembler les preuves.

Elle a également comme fonction de faire des recommandations auprès des employeurs, des ministres et de présenter des observations.

Le second motif de dépôts de plainte à la HALDE est la santé et le handicap dans le secteur de l'emploi. Bien après seulement, on retrouve des plaintes concernant la discrimination sexuelle (hommes femmes se partagent le nombre de plaintes à part égale) qui représentent 4% des plaintes, le premier motif de plainte étant l'origine.

Il y a une augmentation croissante du nombre de plaintes. Les soucis sont surtout en cours d'emploi et peu sur l'accès à l'emploi.

Les principaux problèmes rencontrés par les plaignants sont notamment la discrimination liée au sexe (hors handicap) mais également les salaires et la formation.

Globalement, Madame Jegu estime qu'il y a peu de réclamations car beaucoup de personnes pensent encore que certains soucis ne sont pas liés à une discrimination.

La HALDE, quant à elle, s'occupe de 18 types de discriminations. Il y en a d'autres mais ceux-ci sortent de son champ de compétence.

Les types de réclamations fréquemment rencontrées sont :

  • Problème d'aménagement du poste de travail suite à l'intervention de la médecine du travail,
  • Problème de licenciement (obligation de reclassement),
  • Problème d'absences répétées : c'est à l'employeur de justifier qu'il y a un souci de désorganisation du service.
Madame Jegu note aussi que les femmes parlent spontanément pour le problème du handicap mais jamais en tant que " femme " alors qu'il y a souvent une double discrimination mais la HALDE ne peut pas aller au-delà des réclamations portées par les femmes.

1000 dossiers sont traités chaque année. Le traitement de ces dossiers est long car même s'ils touchent au même domaine les problématiques restent souvent bien différentes.

Suite à cette intervention, Rosalie et Victor ont présenté un petit intermède clownesque pour présenter la HALDE.Une phrase m'a particulièrement marquée. Rosalie dit : " Je suis maghrébine, heureusement que je ne suis pas africaine, cela aurait pu être pire... ".

Les tables rondes se sont formées.

La table ronde " Etre femme et handicapée : un autre regard sur le travail " était animée par Maudy Piot, la Présidente de l'association FDFA.

Trois témoins ont pris la parole. Trois femmes salariées en situation de handicap. Angélina est aveugle, elle est diplômée de droit bac +5 et travaille au Pôle Emploi à un poste bac+2. Françoise est bibliothécaire aujourd'hui, elle est devenue malvoyante et ne peut plus enseigner, elle est actuellement mise au placard. Anisha, 27 ans, a une sclérose en plaques. Malgré ses diplômes on lui confie des taches peu attrayantes.

Ces trois femmes ont témoigné du fait qu'elles ont un emploi en-deçà de leurs compétences, qu'elles doivent lutter pour que les aménagements leur soient accordés, aménagements souvent ridicules et peu onéreux, qu'elles doivent continuellement répondre aux questions, expliquer leur handicap, justifier leur poste.

Certaines grosses structures proposent des ateliers mettant en scène personnes valides et personnes handicapées pour sensibiliser l'ensemble des salariés mais en définitive, que ce soit une petite ou une grosse structure, l'isolement de ces femmes est très important.

Il a été question du handicap invisible avec Ansiha qui a retardé le plus possible de parler de sa maladie à son employeur et la difficulté qu'elle a rencontrée à accepter sa maladie et à trouver sa place.

J'ai pu témoigner de ma propre expérience.

Bien que je ne sois pas en situation de handicap permanent, l'endométriose n'en est pas moins une maladie dont les douleurs peuvent ralentir mon activité. Même si j'en souffre très peu, je fais mon possible pour assumer tous les jours. Je me suis retrouvée dans beaucoup de réflexions apportées autour de cette table ronde comme sur l'isolement, le fait de subir des remarques assassines alors que votre chef, votre patron ou votre collègue sait que vous êtes malade ou en situation de handicap.

Angélina a posé également une réflexion sur l'identité.

Qui sommes-nous ? Comment nous voyons-nous ? Comment se présenter ? Sommes-nous avant toute chose des femmes ? Des personnes en situation de handicap? Artistes ? Comment apporter cet autre regard ?

Si on devait résumer, c'est un combat, où chaque personne doit trouver son équilibre. Témoigner de notre vie, porter des valeurs qui en définitive ne sont pas différentes des personnes valides.

C'est aussi un long chemin qui doit être parcouru des deux côtés pour arriver à progresser. Cela passe par le fait qu'il faut souvent s'armer de patience et parfois d'humour.

Anne Hidalgo, Adjointe au Maire de Paris, est venue adresser un message de soutien à l'association afin de remercier Maudy Piot et les bénévoles pour leurs actions.

La journée s'est terminée sur un message de Maudy Piot et en musique avec le groupe Mozaïque.

Prisca

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