Natacha - Endométriose pelvienne modérée.
Bonjour,
je m'appelle Natacha, j'ai 28 ans et je me sais atteinte d'une endométriose
modérée depuis décembre 1999.
Dès la puberté, je souffrais terriblement lors des règles : je restais
couchée, incapable d'aller à l'école pendant deux jours.Mais cela semblait
normal puisque toutes les femmes souffrent pendant leurs menstruations et ma
propre mère était déjà passée par là.
Au lycée, j'ai rencontré le grand amour, commencé à prendre la pilule et mes douleurs ont disparu. Huit ans plus tard, nous nous marions et décidons d'avoir un enfant.
J'arrête tout contraceptif. Neuf mois plus tard, toujours pas de grossesse
mais les douleurs de mon adolescence réapparaissent décuplées : douleurs,
spasmes, vomissements et pertes de connaissance accompagnent mes règles chaque
mois et des saignements inter-menstruels font leur apparition.
Ayant étudié la biologie, je pense alors à l'endométriose qui serait peut-être aussi l'explication de mon infertilité. J'en parle à ma gynécologue...
Elle doit alors avoir l'impression que je veux lui apprendre son métier et
considère que tout ceci est dans ma tête, que je dramatise, que je suis trop
impatiente (je n'ai que 25 ans après tout !) et pour me rassurer, me prescrit un bilan d'infertilité. Durant 6 mois, ma souffrance s'accentue dans une totale
indifférence médicale et les résultats des examens de fertilité s'avèrent tous
bons. Bref, je dois considérer que tout va bien, les vacances estivales
approchent et ma gynécologue me conseille d'en profiter, de me détendre
pour faire un beau bébé !
L'été 1999 fut une horreur....Le désespoir me gagne et mon époux ne veut plus
me voir souffrir de la sorte. Dès la rentrée, je prends rendez-vous chez un
médecin spécialiste de l'infertilité : à la première consultation,
sa compétence et son écoute détectent immédiatement une endométriose. Pour s'en
assurer et tenter les premiers soins, je fais une coelioscopie : de
nombreux petits nodules endométriosiques répartis sur les ovaires et en position
sacro-utérine sont "brûlés", mais un kyste énorme s'est développé au sommet de
l'utérus et l'a collé à la vessie... Impossible de l'enlever.
Je suis donc mise sous traitement décapeptyl (ménopause artificielle) durant
trois mois afin de faire régresser ce kyste naturellement et si tout va bien,
un bébé sera envisageable l'été 2000.Nous reprenons espoir : le traitement fait disparaitre mes douleurs, nous sommes soulagés d'oublier un peu cette maladie et de penser à un avenir familial.
Mais l'été 2000 sera identique à celui de 1999 : suite à la fin du
traitement, mes règles sont réapparues avec le même lot de douleurs... L'endométriose récidive et ne me lâche plus. Je ne survis qu'avec des anti-inflammatoires !
Il faut donc faire un choix : arrêter de souffrir en continuant le
traitement durant lequel aucune grossesse n'est possible ou accéder à la
grossesse par procréation médicalement assistée ce qui implique la poursuite
des douleurs... J'ai 26 ans et ne m'imagine pas sans enfant. Je choisis
la souffrance en espérant qu'elle m'autorisera une grossesse.
Les huit mois suivants sont chargés d'espoir, de douleur, de déception, de sentiment d'injustice... Tous les couples qui connaissent ou ont connu le parcours de la
PMA comprendront à quel point nous pouvons nous sentir si seuls avec ce désir d'enfant inassouvi...
Après les stimulations hormonales sans succès, les inséminations ratées, les
hyperstimulations ovariennes remettant tout en question, un ras-le-bol s'installe...
Je ne sais plus pourquoi j'accepte de supporter les douleurs de l'endo pour si peu de résultats.
Avril 2001, nous décidons de tout arrêter, de nous retrouver un peu, de penser à autre chose, d'envisager une vie sans enfant biologique. Bref, de vivre malgré tout. Et le
miracle se produit...
Je suis tombée enceinte quinze jours plus tard.
Il n'y a rien à comprendre, mais tout à espérer. Depuis le début de ma grossesse, je ne souffre plus et j'espère que cette paix me sera offerte après la naissance de notre enfant.
Si je ne dois retenir qu'une chose de mon parcours face à la maladie, ce serait
l'idée de rester critique vis à vis du corps médical : ne pas tout prendre
pour argent comptant et oser reconnaître l'incompétence et l'inhumanité de
certains praticiens.
Notre bien-être dépend beaucoup de l'interlocuteur qui est en face de nous.
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