Louisa - Endométriose stade V.
Bonjour,
Je m'appelle Louisa et j'ai 32 ans.
L'année passée, je me suis retrouvée aux urgences pour
rupture de kystes endométriosiques gros de 5-6 cm.
C'est la conséquence de 7 ans de douleurs
menstruelles dont les 2 dernières carrément
insupportables car, désirant un enfant, j'avais arrêté
la pilule.
Mon endométriose s'est donc tranquillement développée
pendant 7 ans pendant que mon gynéco (une dame) me
shootait de calmants en disant qu'"il ne faut pas
souffrir pour rien".
Quand je lui demandais pourquoi je ne tombais pas
enceinte après l'arrêt de la pilule, elle m'expliquait
qu'il fallait bien attendre un peu et que c'était
normal.
A force de réclamer des examens, mon gynéco m'a
finalement accordé de faire un spermogramme à mon mari
qui se révéla de bon résultat.
Je revenais à la charge en lui brandissant un article
sur l'endométriose trouvé dans un magazine de santé de
large diffusion, et lui expliquant, comme si elle
avait 5 ans et que c'était moi le médecin, que mes
symptômes de douleurs (aux selles, pliée en 2,
vomissements pendant les débuts de règles) étaient les
mêmes décrits dans l'article.
Sa réponse de spécialiste: "vous êtes constipée d'où
douleurs aux selles. Shootez-vous un peu plus, prenez
un laxatif et ça ira mieux".
Pendant ce temps mes kystes aux ovaires se
développaient et elle ne les a jamais remarqués lors
des multiples examens !
Et que vogue la galère.
A l'époque, je travaillais à 100% dans une société
hyper-productrice, où la valeur des êtres humains n'a
d'équivalent que sa production.
Conditionnée par mon entourage familial et amical qui
professe une confiance aveugle et totale en la voix du
médecin, c'est-à-dire Dieu, torturée par mon désir de
compétition professionnelle, je laissais tous mes
doutes de côtés et fonçait tête baissée vers la
catastrophe.
Un beau jour de mai 2002, troublée par des douleurs
persistantes hors de périodes de règles, j'allais
consulter dans une policlinique de mon quartier, en
urgence, car je craignais une appendicite.
Le généraliste qui m'a auscultée (qui n'est donc pas
gynéco) m'a parlé d'endométriose, après un bref examen
basé sur des questions-réponses et quelques palper de
l'abdomen. C'était la 1ère fois qu'un médecin me
parlait de ça ! Je ne rêvais donc pas !
Il me conseilla vivement d'aller voir ma gynéco qui se
moqua de moi en m'affirmant que, si j'avais
l'endométriose, je n'aurais même pas pu aller la voir
de moi-même.
La sacro-sainte parole du médecin spécialiste !
Je retournais donc bosser, boostée et shootée à fond.
3 jours plus tard, cauchemar à 6 h du matin : douleurs
insupportables au niveau du ventre, vomissements,
incapacité de marcher, pleurs.
Mon mari m'amène aux urgences du CHU de la ville.
Diagnostic après ultra-sons : rupture de kystes ovariens
gros de 5-6 cm (des boules de ping-pong).
"On doit vous opérer, Madame. Mais pour l'instant,
prenez des calmants, rentrez chez-vous, on vous
convoquera".
Complètement abrutie par la douleur et les calmants,
je rentrai à la maison puis au travail.
Or nous allions déménager pour l'Afrique dans 1
mois et demi.
Et si je me refaisais des ruptures de kystes là-bas, à
force d'attendre qu'on me convoque au CHU ?
Complètement remontée et révoltée par tout ce "je m'en
foutisme", je redébarquai au CHU et EXIGEAIT qu'on
m'opère, après bonne engueulade avec tout le personnel
qui eu le malheur de me répondre.
Date d'opération fut enfin prise assez rapidement.
La laparoscopie fut impossible en raison de nombreuses
adhérences endométriosiques et d'un espace de Douglas
complètement gelé. Ils ont fini par me couper au
niveau du pubis pour retirer les kystes, puis refermer
le tout dans l'impossibilité de faire plus.
Résultat : confirmation d'endométriose au stade 5,
trompes boudinées et méconnaissables et traitement par
Zoladex (agoniste LH-RH) pendant 6 mois.
Ces 6 derniers mois, j'ai donc suivi un traitement
hormonal lourd, j'ai changé de continent et j'attends
maintenant le retour de mes règles.
Juste 2 questions :
- dans tous vos témoignages très intéressants, je n'ai
pas trouvé un cas d'endométriose au stade 5. Je serai
heureuse si l'une d'entre vous ayant ce cas me fasse
signe.
- j'aimerai aussi avoir des témoignages de personnes
ayant subi le Zoladex, la manière dont elles l'ont vécu
et les suites de la maladie après la fin du
traitement.
Je dois avouer que pour moi, le Zoladex c'était la
liberté sans les règles, sans les douleurs, mais dans
un état frisant la dépression (pleurs et sautes
d'humeurs inexpliquées, hypersensibilité à l'attitude
de mon entourage que je trouvais carrément non
concerné par toute l'affaire: c'était un peu "bouffe
tes hormones et fais pas chier").
Je me suis donc sentie très seule, mais je suis
maintenant très curieuse de savoir ce qui vous est
arrivé après le Zoladex.
Morale de l'histoire : nous avons toutes un instinct et
un 6ème sens qui nous envoie un signal d'alarme.
Nous devons l'écouter et, au moindre doute, changer de
médecin et EXIGER des examens.
Notre éducation judéo-chrétienne nous pousse vers le
respect exagéré du spécialiste et vers un sens du
devoir envers la société qui peut coûter très cher.
Pour avoir au moins 1 enfant, je vais peut-être devoir
passer par la procréation assistée et tous les
inconvénients qui vont avec, sans être sûre du
résultat.
Un petit conseil à l'entourage : une femme qui souffre
d'endométriose ne SAIT PAS si elle aura des enfants.
ARRETEZ, pour l'amour du ciel, de dire (alors que vous
connaissez parfaitement la situation) :
- Alors, vous nous faites quand un petit-fils ?
- Je prie tous les jours pour que tu aies des enfants !
- Ton neveu est magnifique, j'espère que tu nous en
feras un aussi beau !
- Dites-donc, vous attendez quoi ? C'est le moment d'y
aller !
C'est DEGEULASSE, INHUMAIN et HYPOCRITE alors qu'on se
bat contre une maladie qui n'est pas cernée et dont on
connaît à peine les contours !
Ecxusez-moi pour ce coup de gueule final, je crois que
mon témoignage est un peu long mais c'est la 1ère fois
que je parle de tout ça à coeur ouvert et ça m'a fait
du bien.
Grand courage à toutes et tous ceux qui se sentent
concernés par l'endométriose et merci pour votre site
qui me permet de savoir un peu ce qui m'arrive.
Page
précédente