Laëtitia - Rêve d'enfant brisé.
Rêve d'enfant brisé...
Je venais tout juste de fêter mes 23 ans, quand nous avons décidés d'avoir un enfant. Mon rêve de petite-fille allait enfin se réaliser, celui de toutes les petites-filles, celui de fonder une famille...
Arrêt de pilule, au bout de 6 mois toujours rien ne venait, mise à part des douleurs atroces inexplicables. Mais bon rien ne m'affolait vraiment, peut-être fallait-il passer par là après l'arrêt du contraceptif.
Des rendez-vous chez le gynécologue ah çà oui j'en ai eu, des traitements de stimulations ovariennes aussi, tout en ajoutant des prises de températures quotidiennes, et tout cela pendant presque 2 ans.
Le temps avançait et toujours rien n'arrivait, alors on passa au stade d'examens plus poussés : hystérosalpingographie, bilans hormonaux
Résultats anormaux, trompes obstruées on me laisser lire sur le compte-rendu.
On me dit alors, il va falloir que vous subissiez une intervention chirurgicale sous coelioscopie, afin que l'on puisse réellement se rendre compte du dysfonctionnement de vos trompes, et si besoin en profiter pour les réparer.
Et me voilà à l'hôpital, toujours avec mes affreuses douleurs abdominales, lombaires et mes nausées. Puis vint l'anesthésie générale (le vide)...
Je me réveille dans ma chambre, seule, éloignée de tout car bien sûr on m'avait dirigé dans un hôpital qui n'était pas à proximité de chez moi. Le professeur entre et me dit : Mademoiselle je n'ai pas pu intervenir, aucune plastie n'est envisageable, vous avez de l'endométriose sévère au stade IV, je ne vois qu'une solution pour que vous puissiez avoir des enfants : FIV !!!!
A ce moment même je me sens envahie par une grande détresse, il me parlait de mon corps comme d'une usine, d'une tuyauterie endommagée, il employait des mots dont je n'avais jamais entendus auparavant. Mais FIV, oui celui-là je le connaissais, je venais de comprendre que jamais je ne pourrai avoir d'enfants sans avoir recours à la médecine.
Puis arrivèrent ces 3 années de souffrance, 4 tentatives de FIV sans succès, saignements, douleurs toujours présentes, je dirais même de plus en plus présentes. Je ne saurais même pas vous les expliquer, mais atroces, à ne pas pouvoir me lever, ou à en faire des malaises. Des visites aux urgences régulières, des hospitalisations s'imposaient régulièrement.
Mais rien, ni personne ne pouvait soulager cette satanée souffrance, mis à part des traitements lourds d'injections quotidiennes, qui comme je le cite soulagent mais ne soignent pas, et qui de plus vous fatiguent et vous font prendre du poids... (Comme si la souffrance physique ne suffisait pas il fallait bien sûr rajouter une souffrance psychologique). Un mal être intérieur était en train de naître en moi...
Personne non plus ne comprenait ce que je ressentais réellement, on me disait prend tes cachets ça te soulagera, fais du sport tu perdras tes kilos,... Ben voyons, non non ce n'est pas si simple que ça !!! Mais ça personne ne voulait l'admettre.
Alors je me suis créée ma bulle, lors de mes crises dorénavant je m'isole, je ne me plains plus, je subis, je prends mon traitement. Mais que c'est dur de se sentir incomprise dans ces moments où l'on a le plus besoin d'être entourée. J'en arrive même parfois a me dire que si rien ne soulage ma souffrance, j'en arriverais à y mettre fin moi-même d'une façon ou d'une autre. Mais j'ai fait la promesse à une personne chère de me battre, alors je le ferai, mais je ne sais pas jusque quand j'en aurai le courage.
A qu'il est beau mon rêve d'enfant...
Laetitia
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