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Kat - Endométriose ovarienne et pelvienne sévères.

Cela fait un moment maintenant que je vous lis et participe au forum mais je n'avais pas encore pris le temps d'écrire mon témoignage. Voici chose faite :

J'ai 35 ans et, contrairement à la plupart d'entre vous, je n'ai pas eu de règles très douloureuses lorsque j'étais adolescente, j'ai été réglée à 12 ans sans problème pendant de nombreuses années.

Après avoir obtenu mon DUT, je me suis mariée et me suis mise à rechercher un emploi. Mes démarches furent infructueuses et, sentant ma situation professionnelle stagner, j'ai proposé à mon mari d'inverser nos projets, et de faire un bébé avant d'avoir ma situation professionnelle (quelle heureuse idée !!).

J'ai donc eu ma petite fille en 91 (j'étais enceinte le mois suivant l'arrêt de la pilule) et je ne me rendais pas compte de la chance que j'avais alors de pouvoir être maman si facilement !

Je me suis remise à préparer ma carrière professionnelle et ai décidé de reprendre des études. Mais des études à 25 ans, après 3 ans d'interruption, et avec un petit bébé, c'est loin d'être facile. J'ai beaucoup stressé et je me souviens encore des crampes dans le ventre, chaque matin avant mon entrée dans l'amphi. (je me suis toujours demandée si cette période de stress intense n'était pas le détonateur de cette saleté de maladie !).

L'année suivante, j'ai commencé à avoir des règles terriblement douloureuses, la gynéco m'avais posé un stérilet car je voulais avoir une situation professionnelle et la pilule me causait des problèmes de circulation du sang et de terribles migraines. Le médecin que j'appelais chaque mois, me disait après une brève visite que mes douleurs étaient dues à une inflammation de l'utérus provoquée par le stérilet et me prescrivait chaque fois des antibiotiques et des Spasfon ! Cela a duré plus de deux ans ! Les douleurs s'intensifiaient à chaque fois, surtout en fin de règles. Je ne pouvais plus m'asseoir tellement ça me poussait dans le rectum.

Un jour alors que j'étais en cours en deuxième année d'IUFM, la douleur m'a littéralement bloquée sur place, je ne parvenais plus à bouger. C'était la fin des cours et chacun est parti me laissant seule réunir mes force pour reprendre le volant et rentrer chez moi. Une femme qui a mal au ventre n'attire la compassion de personne !

Un mois après tant d'autres, j'appelais le médecin pour ces terribles douleurs et c'est son remplaçant qui est venu. Il m'a demandé depuis combien de temps je souffrais, et comme je ne me rappelais plus le nombre de mois, il a décroché mon téléphone pour prendre un RV d'urgence avec la gynécologue, en hallucinant que son collègue n'avait pas, depuis tout ce temps, transmis mon cas à un spécialiste.

Elle m'a reçue très vite et à l'aide d'une simple visite et d'un questionnaire sur le type de douleurs et leur fréquence m'a parlé "d'endométriose" et m'a fait faire une échographie pour vérifier son diagnostic.

Bilan : deux kystes ovariens de 8 et 2 cm de grand axe. Nombreuses adhérences péritonéales. J'ai donc été opérée une première fois par cœlioscopie en 95.

Malgré un traitement de quelques mois par Enantone, l'endo a très vite récidivé : deuxième coélio en 97.

Pendant ce temps, je réussissais, malgré la douleur, ma vie professionnelle. Mais ma petite fille avait 6 ans, moi 30, et je ne parvenais pas à avoir un deuxième enfant. "Normal" avec une endo ! il fallait l'accepter. Je n'y parvenais pas. On me disait de relativiser, que j'avais la chance d'être maman. J'étais maintenant consciente de cette chance mais je désirais tellement cet enfant que plus rien d'autre ne comptait. Pendant ce temps, plein d'enfants venaient compléter les familles de mon frère et de ma sœur et j'avais l'impression de ne plus exister dans cette famille. Cette douleur est très personnelle et je sais que les personnes qui n'ont pas connu cela ne peuvent pas comprendre, elle a fait rejaillir des douleurs très anciennes que même une psychothérapie n'a pas pu soulager.

J'ai donc commencé les FIV (je dis Je, car je me suis sentie bien trop souvent seule dans "mes" douleurs). La première en 98, la seconde en 99 qui s'est soldée par une hyper stimulation qui m'a montré que l'on pouvait encore franchir un pas dans la douleur (j'étais encore pleine d'endo à l'époque).

Je me suis perdue dans ces douleurs physiques et morales, ai fait une terrible dépression et ai décidé, pour remonter la pente de faire une demande d'agrément pour une adoption. Là aussi, j'ai eu beaucoup de chances, nous avons eu la joie d'adopter un petit garçon de 4 ans et demi en 2002.

Mes enfants sont magnifiques mais je ne parviens toujours pas à faire le deuil de ma grossesse.

Les douleurs reprennent de plus belle et je repasse sur la table d'opération ce mois d'avril 2003. Malgré un hydrosalpinx, j'ai demandé au professeur de ne pas m'enlever la trompe et l'ovaire touchés. Je veux garder toutes mes chances pour cette grossesse que j'espère encore.

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