Jacqueline - Endométriose recto-vaginale.
Qui a dit que l'enfer n'existe pas ? Si vous êtes comme moi et que vous souffrez d'endométriose
(de quelque nature que ce soit), vous seules savez que l'enfer existe.
Peut être que certaines d'entre vous pourront se reconnaître dans mon témoignage.
Depuis que j'ai mes règles (11 ans), j'ai toujours souffert, mais il y a souffrir et SOUFFRIR.
A l'âge de 14 ans la douleur était déjà plus forte, c'est pour cela que mon docteur de famille
m'avait prescrit la pilule que j'ai pris jusqu'à l'âge de 26 ans. Mais la douleur était toujours très
présente, j'ai donc essayé une dizaine de pilule différente sans aucun résultat. Cependant
toutes ces années durant je souffrais de plus en plus, jusqu'au jour ou la douleur fut insupportable.
Après plusieurs allers-retours aux urgences pour avoir une perfusion qui pouvait me calmer, je pris
les choses en main et ce fut le début de quatre année de galère que je ne souhaite pas à ma pire ennemie.
Je sentais bien que mes problèmes dépassaient tous les diagnostics auxquels j'ai pu avoir droit :
colopathie fonctionnelle (constipation qui selon les dire du gastro était dû au stress), simple règles douloureuses,
kystes fonctionnels sur les ovaires...
Finalement on donna un nom à ma maladie : Endométriose.
Après deux coloscopies, trois cœlioscopies, et une laparotomie (+ 2 X 6 mois ménopausée, décapeptyl et énantone),
j'étais vraiment désespérée parce que mon gynéco me disait qu'au point de vue gynécologique, je n'avais plus
aucun problème. Comme je voulais un bébé, la seule solution à ma maladie, pour lui, c'était d'avoir un enfant
(j'aurai bien voulu, mais ma maladie ne le permet pas vraiment). Après différents traitements : pergotime,
puregon + piqûre HCG, je fis une hyper stimulation qui me mena en réanimation (ce fut la première fois
que l'on pris ma douleur au sérieux, alors que pendant mes règles, je souffrais 100 fois plus).
Au résultat : pas de bébé, douleurs toujours présentes pendant les règles et hors des règles,
c'est-à-dire tout le temps (très mal aux ovaires et aux reins pendant les règles, et très mal dans la fesse
et au ventre en dehors, sans oublier des terribles nausées.). Dans des moments pareils, je pense qu'il faut
parler, toujours parler de sa douleur même si on à l'air d'être une emmerdeuse, car un jour ou l'autre une personne
sera à votre écoute et tentera de vous aider.
Grâce à ma sœur aînée, Domi, que je remercie d'ailleurs, j'ai découvert votre site, et en lisant tous les
témoignages, j'ai vraiment pris conscience de la gravité de ma maladie (certes on n'en meurt pas, mais on ne peut
pas avoir une vie normale, trop de douleurs, trop de fatigue). Elle m'obligea à voir pour la énième fois un
autre gynécologue qui travaille sur Aix et dont elle avait entendu dire beaucoup de bien, ce que je fis.
Ce docteur était le premier qui avait l'air de connaître ce mal qui était en train de me rendre folle,
et surtout c'était le seul qui a pris le temps de m'écouter (car comme vous pouvez le constaté l'histoire
est longue). Avec seulement un touché vaginal + un touché rectal, il me dit que je souffrais d'une
endométriose recto-vaginale (maladie de naissance). La solution, une autre opération qui consisterait
à enlever le mal, là où il était localisé même si pour cela, il faudrait sûrement couper un bout du colon.
Je fus à la fois soulagée et dégoûtée, encore une fois sur le billard, mais si cette fois c'était la bonne,
si cette fois ce spécialiste de l'endométriose pouvait me guérir, après tout ce que j'ai traversé, je suis
prête à tenter le coup. L'opération est prévue pour le mois d'avril.
Pour finir je voudrais vous dire, qu'il faut toujours transformer les épreuves que la vie nous réserve en
quelque chose de positif, je pense être une battante, cette maladie m'a rendue plus forte, et je pense que
toutes les femmes qui souffrent de cette maladie savent mieux que personne la vraie valeur de la vie et de la
santé, de ce fait on apprécie "tout" mieux que les autres.
Courage à toutes et merci à vous qui avez fait ce site.
Jacqueline
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