Fanny - Des mois de douleurs et enfin le répit.
J'ai 27 ans, mon histoire a commencé il y a 3 ans à un moment difficile de
ma vie. J'avais des douleurs extrêmement violentes au moment de mes
règles (contractions de femme enceinte), et chaque pied posé à terre
résonnait comme un coup de gourdin. Je ne me suis pas alarmée pensant que
ç'était psychologique.
Un an se passe, ma vie me plaît et les douleurs persistent et les jours de
répit s'amenuisent : les douleurs s'intensifiaient et apparaissaient 18
jours par cycle.
Contractions d'une violence extrême, douleurs insoutenables pendant les
rapports sexuels, hurlements de douleurs pour aller au toilettes et pour
uriner, coups de poignards, lacérations...
La Surgestone (progestatif) accentue mes douleurs, rien ne me soulage. Je
passe alors écho pelvienne, coloscopie, transit du grêle et vient enfin la
coelioscopie. On découvre un petit nodule d'endométriose sur la vessie.
Je me crois sauvée, je prends une pilule en continu et mon état empire. Je
me cache au travail pour souffrir dans mon coin, les douleurs m'irradient
les reins et les jambes, je ne tiens plus debout. Je finis épuisée, à ne plus
pouvoir marcher, ne plus supporter les transports, les vibrations, ni même
une main posée sur mon ventre. Je finis aux urgences : je dois repasser une
écho, et faire une IRM. Mais ma gynéco refuse et me mets sous Lutényl (autre
progestatif). Après avoir eu de la Lamaline, Diantalvic, Antarène,
PropofanS mon état empirait toujours, je ne pouvais plus marcher, je
souffrais le martyr.
J'ai la chance d'avoir des collègues de travail très compréhensifs puisque
voyant mon état se dégrader mon chef m'a renvoyée chez moi.
Ma gynéco ne mesure pas l'intensité de mes douleurs mais me tourne vers un
grand spécialiste qui me fait passer une IRM une écho endo-rectale car on
soupçonnait la présence d'endométriose entre la paroi du vagin et de
l'intestin (invisible à la coelio). Après 4 mois d'arrêt maladie, on
me met sous Enantone (ménopause artificielle).
Une fois le traitement démarré les douleurs s'accentuent car le taux
d'estrogène augmente le 1er mois (depuis 4 mois je ne pouvais plus m'asseoir
ni marcher). Même couchée je souffrais le martyr du soir au matin, avec
l¹impression qu'on me déchirait les organes et qu'on m'enfonçait un tube en
métal dans l'urètre avec des lames de rasoir qui tournaient sur
elles-mêmes. Je hurlais de douleur dans un oreiller je m'écroulais à terre,
j'avais l'impression de mourir.
A chaque déplacement en voiture j'avais l'impression qu'on me tranchait en
deux.
Sans parler du traitement que je ne supportais pas : vision floue,
vomissement jusqu'à 8 fois par jour et ce à chaque nouvelle piqûre ! Seule
l'acuponcture me soulageait (j'ai pu redormir allongée ce qui m'étais
difficile). Ce cauchemar a duré 3 mois.
Etrangement, dès le début du traitement certaines douleurs persistaient et
d'autres disparaissaient : j'ai eu 2 rapports sexuels sans douleurs (ou si
peu). Mes douleurs ont disparu du jour au lendemain après 1mois 1/2 de
traitement puis sont revenues de façon fulgurante. Le traitement m'a
dévastée, mais a finalement eu raison de la maladie.
5 jours avant la fin du traitement toutes les douleurs, ou presque, ont
disparu. J'ai remarché du jour au lendemain (jusqu'à 2h de marche par jour).
J'ai repris mon travail il y a 1 semaine après 6 1/2 mois d'arrêt et de
souffrance atroce à souhaiter qu'aucune autre fille ne vive ça.
Aujourd'hui j'attends que mes règles reviennent pour démarrer une pilule
progestative mini dosée pour stabiliser mon état. Je ne suis pas à l'abri
d'une rechute mais je veux y croire. J'ai toujours quelques douleurs mais
ma vie est transformée. Le spécialiste lui-même trouve mon parcours
incompréhensible.
A cela il a fallu ajouter la douleur psychologique : ma pharmacienne se
prenant pour un médecin décrète que je suis au stade le plus grave de la
maladie (c'est le contraire) et qu'on m¹enlèvera le ventre, que je n'aurai
pas d'enfant. Même le médecin de la sécurité sociale s'est permis de me le
dire. Sans oublier la peur de ne pas s'en sortir
Je trouve ces comportements inadmissibles. Je vous rassure les filles,
l'Enantone ne rend pas stérile, ne vous laissez pas abattre.
Bon courage à toutes. On commence enfin à entendre parler de la maladie !!
Fanny
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