Déborah - Endométriose ovarienne stade non précisé.
Bonjour,
Je m'appelle Déborah, j'ai 24 ans et je vis en Belgique. J'ai été très
émue en lisant tout vos témoignages, on se sent moins seule.
Malgré tout l'amour que nous portent les gens qui nous entourent, ils ne
peuvent pas percevoir ce que nous ressentons face à cette maladie.
J'ai toujours eu des règles douloureuses, si bien que je manquais
l'école chaque mois, les deux premiers jours pour rester au lit. Et je
saignais très abondamment. A 17 ans, lors d'un contrôle chez le gynéco, il a
décelé un kyste sur
l'ovaire gauche de la taille d'une mandarine. Il fallait m'opérer le
plus vite possible car il risquait de rompre mon ovaire. Après analyse
du kyste en question, le diagnostic est tombé : endométriose...
Après 3 mois de piqûres de Zoladex dans le ventre, je subis une deuxième
intervention, cette fois par laparoscopie.
Ensuite le gynéco me met sous Orgamétril, super médicament qui arrête
les règles totalement et grâce auquel je prends 12 kg en moins d'un an.
Outre cette prise de poids, mes cheveux et ma peau deviennent gras et
quand on a 18 ans, on a du mal a accepter cela alors je retourne chez
mon gynéco qui me remet sous pilule. Et peu de temps après, bingo,
nouveau kyste à l'horizon, je passe une troisième fois sur le billard et
ensuite le gynéco me dit : "il va falloir penser à faire un bébé, c'est
la solution de la guérison !" Quoi ? Impossible, j'ai à peine 20 ans à
cette époque, encore aux études, rien dans les mains...
C'est alors que j'entends parler d'un professeur spécialisé dans
l'endométriose à Bruxelles et je décide d'aller le voir.
Il me dit qu'il va reprendre mon cas, car le gynéco qui m'a suivie
jusque là n'a pas bien fait son boulot et que ces trois opérations étaient
mal faites.
En effet, il reste des traces d'endométriose sur les deux ovaires et un peu
partout dans mon utérus. Donc, une autre opération. C'était il y a un
an, j'avais 23 ans.
Là, je fonds en larmes devant lui. A mon âge, c'est la quatrième fois que je
vais me faire opérer, pendant qu'autour de moi, toutes mes amies ont la
santé et font des bébés.
Je me sens foudroyée d'une telle injustice... Le professeur me rassure
et me promets qu'avec lui, je suis entre de bonnes mains et que cette
fois, c'est la bonne, c'est la dernière. Diagnostic post opératoire :
opération réussie, les ovaires sont sains, les trompes aussi, je pourrai
avoir des enfants.
Seulement, voilà, depuis quelques mois, des douleurs totalement
différentes me surviennent, c'est au niveau de l'épaule droite, dans le cou
et dans la tête. J'ai fais toutes les radios, scanners possibles et on
me dit : "tout est normal". C'est là que les médecins se posent une
question : n'y aurait il pas un foyer d'endométriose ailleurs ?
On cherche pour l'instant, j'ai rendez-vous le 14 août pour une résonance
magnétique nucléaire.
Aujourd'hui en parcourant votre site, je tombe sur le témoignage de
Jocelyne et je suis sidérée.
J'ai comme l'impression que je ne suis pas encore débarassée de cette
saleté même si du côté de mes ovaires et de l'utérus pour l'instant tout
va bien, RAS.
Je viens de me marier, le 11 mai dernier, mon mari est formidable, il me
soutient beaucoup même si, en tant qu'homme, il n'arrive pas à percevoir
ce que j'ai exactement.
On veut passer un à deux ans avant de faire un bébé. Le temps d'acheter la
maison qui pourra le recevoir. Mais franchement j'ai peur de faire un
bébé.
J'ai peur de ce qui m'attend, de ne pas y arriver, de devoir passer par
des années de traitements alors que dans ma famille, les femmes tombent
enceinte si facilement. Ca me hante et j'en pleure souvent.
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