Audrey, endométriose digestive, stade IV.
Bonjour à toutes,
Je viens de découvrir le site et ma gorge est nouée à force de lire tous vos
témoignages.
Je ne suis plus seule. Oh bien sûr ma famille enragerait de savoir que je me
sens seule face à cette maladie car ils ont toujours tout fait pour me
soutenir par leur patience et leur écoute. Merci à mes parents, merci à mon
mari et même à mes amis. Mais, au-delà de tout ça, cette maladie qui
m'empêche de vivre normalement est tellement mal connue que j'ai
l'impression que personne ne peut comprendre mes douleurs. J'ai même souvent
peur que les gens croient que j'exagère parce qu'au fond que doivent-ils
penser : "elle a ses règles, elle a mal... c'est normal, pas de quoi en
faire un monde !"
Mais vous, vous savez bien que c'est bien plus compliqué que ça !
J'ai une endométriose digestive, stade IV. Un nom bien barbare... Mais si
vous saviez comme j'ai été contente de mettre un nom sur mes douleurs après
2 ans d'examens et de traitements pour des pseudos maladies que je n'avais
pas !
J'ai eu mes règles à 12 ans. J'étais bien réglée mais des douleurs aiguës
survenaient lorsque j'allais à la selle. Je me souviens dire à maman :
"Maman, quand je vais à la selle, j'ai comme des contractions !". Elle n'a
pas compris. Comment aurait-elle pu quand des médecins ont mis tant
d'années! Bref, je suis restée comme ça, finalement on vivote et c'est
malheureux à dire mais on s'habitue aux douleurs.
Puis, j'ai commencé à saigner pendant mes cycles et sous pilule. Alors là,
on a changé de pilule un douzaine de fois, on a multiplié les tests de
grossesse. Je vivote toujours.
Il y a 3 ans, j'ai commencé à avoir de multiples douleurs. Là ça devient
insupportable. Quand j'urine, quand je vais à la selle, pendant les
rapports. Alors, après échos de la vessie, des reins, des ovaires, du colon
et j'en passe, après avoir vu 3 gastros et 3 gynécos, après avoir passé des
coloscopies, on a diagnostiqué un colon fatigué, bouclé et stressé !
Bêtement, j'ai demandé à quoi cela était dû. BÊTEMENT !! Le stress et le
surmenage voyons !
Mais les douleurs ont continué malgré les traitements.
Et puis enfin j'ai frappé à la bonne porte. Un nouveau gynéco. Il a enfin
mis un nom sur cette saleté de maladie. L'ENDOMÉTRIOSE. Et en plus d'après
les symptômes que je décrivais (notamment mes règles se déclenchent par le
rectum, impossibilité de se retenir d'aller à la selle, douleurs pendant les
rapports, mal au ventre avant pendant et après les règles) étaient flagrants
et il ne comprend toujours pas comment d'autres médecins ont pu passer au
travers !
Il m'explique qu'il existe des solutions plus ou moins satisfaisantes et que
la 1ère étape est la coelio. Sauf qu'il ne s'attendait pas à cause de mon
jeune âge (24 ans à l'époque) à ce que les adhérences aient collé l'utérus
le rectum et le vagin. Ceci expliquant mes douleurs insoutenables.
Après avoir vu cela, il m'explique (à 15 jours de mon mariage) qu'il sera
très difficile d'avoir un enfant naturellement mais que la grossesse est
souvent un remède efficace. Devant cette logique implacable, j'étais
démoralisée. Je ne voulais plus me marier ...
J'ai toujours mal ... mais je me marie... Et nous voilà partis tous les 2
pour 1 an de ménopause. Si vous avez lu sur le site les effets secondaires de
ce traitement vous comprendrez vite pourquoi j'implique mon mari dans cette
ménopause sachant que je n'ai pas eu 1 mais tous les effets décrits ! Merci
mon chéri pour ta patience !
Nous décidons il y a 1 an d'entamer une procédure FIV. Et là aussi je me
suis sentie seule. Et j'ai pris la FIV comme une punition que je ne
comprenais pas ! La 1ère a échoué. C'était la fin du monde !!! Mais nous
avons continué et j'ai changé d'optique : la FIV est devenue une fabuleuse
chance d'être maman et il fallait que j'en profite pou mon mari, pour moi et
pour tous les couples qui ne pouvaient pas y recourir. Les moral est
remonté.
La FIV a marché malgré une hyper-stimulation carabinée (10 jours de soins
intensifs : de l'eau jusque dans les poumons). Ma grossesse n'a pas été
facile (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!) mais
aujourd'hui même, je fête mes 26 ans et mon plus beau cadeau d'anniversaire
c'est mon petit Vincent qui sourit en entendant le son de ma voix.
Vincent a 2 mois et après une brève période de calme (jusqu'à mon retour de
couches) mes douleurs reviennent de plus belle. Mon doc dit qu'il faut
patienter au moins 9 mois (pour la cicatrisation de l'utérus : j'ai eu une
césarienne) avec des calmants et des hormones pour me soulager, d'entamer
une 2ème grossesse avant de tenter une opération qui a de forts risques
d'abîmer l'utérus. Mais j'ai peur , je n'ai que 26 ans et pour l'instant je
ne désire que 2 enfants mais qui me dit que dans 10 ans ...
D'un autre côté, je ne peux pas rester indéfiniment avec ces douleurs qui
m'empêchent de travailler correctement (trop d'arrêts maladie) d'avoir une
vie sociale normale (les copains commencent à en avoir marre de sortir avec
quelqu'un qui est toujours fatigué !), d'avoir une vie intime digne de mes 26
ans et pas d'un couple de 60 ans !!
Je sais que ce message est bien long et peut être même que certaines d'entre
vous n'auront pas eu le courage de le lire jusqu'à la fin mais j'espère que
malgré tout celles qui ont perdu l'espoir d'avoir un enfant y croiront de
nouveau grâce à mon témoignage.
Dans tous les cas, je me suis fait du bien en vous écrivant. MERCI.
Bises et courage à toutes
Audrey
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