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Anonyme - Ostéopathie et régime alimentaire en renfort.

Bonjour,

J'ai 32 ans et j'essaie d'avoir un enfant depuis bientôt 11 ans. Je me suis mariée à 20 ans et avec mon mari, nous avions le désir d'avoir des enfants rapidement.
La vie et l'endométriose en ont décidé autrement ...

Mon parcours ressemble aux vôtres : douleurs menstruelles importantes (pertes de connaissance etc...), rapports sexuels douloureux et constipation aiguë.

Mon médecin généraliste a pensé que ma constipation était d'ordre psychologique. Mon mari avait perdu son emploi, j'avais arrêté mes études, nous avions acheté une maison et le bébé ne venait pas.

Après 3 ans d'essais infructueux, un gynéco qui me déclare que 8 femmes sur 10 ont mal pendant leurs règles et que je suis jeune, qu'il faut savoir être patient et maintes visites aux urgences de l'hôpital le plus proche où il me semble qu'on me prend pour une hystérique, je me décide à aller voir une spécialiste.

Examens que vous connaissez toutes et tous, et rien de particulier : pas de kyste, pas de problème de l'utérus ou de l'endomètre : je suis normale.

Donc, on commence les inséminations : 3 et 3 échecs. Là, mon médecin se dit que ce n'est pas normal, mais je ne passe pas d'examen complémentaire et on teste les FIV.

A la 3ème FIV, j'ai un kyste qui semble bizarre et direction une autre spécialiste qui détecte une endométriose.

A ce moment là, je ne connais rien de cette maladie et on ne me dit rien ou plutôt on me dit que ce n'est pas grave !

Mon spécialiste m'oriente vers un gynéco près de chez moi pour effectuer une ponction du kyste en question.

Prise de rendez-vous et visite chez ce gynéco d'où je ressorts en larmes : lui par contre a été clair : l'endométriose, c'est du sérieux et cela peut-être très grave.

Je reste toujours avec ma constipation et mes douleurs jusqu'à l'opération. La veille au soir de l'opération je déclare à mon mari que je suis certaine qu'il va me trouver autre chose et je suis un peu inquiète.

A la sortie du bloc, le brancardier est un peu bizarre, il me parle doucement et a un sourire un peu forcé et surtout il me répète sans arrêt que "tout va bien se passer".

Je remarque en passant que je ne suis plus au même étage : de la maternité je suis passée en chirurgie. Dans ma chambre, mes parents et mon mari sont présents l'air déboussolé et moi dans les vaps, je demande à mon mari se qui se passe. Pas de réponse et ma mère qui derrière insiste : "si tu ne lui dis rien, c'est moi qui le fais"

Et là, j'apprends que j'ai une endométriose très sévère (j'explose tous les stades ou les niveaux), qui a touché le colon et que le gynéco a dû appeler en urgence le gastro-entérologue de garde.

Par chance, ce chirurgien est très bon et il a fait un travail d'enfer : il a coupé un bout de colon et a rebranché le tout : donc pas de poche, rien.

Mon gynéco a été formidable: il est venu me voir tous les jours, il a arrêté mon mari 2 semaines, enfin il a été très humain.

Paradoxalement, cette opération a été bénéfique : je ne suis pas folle !! Le gastro-entérologue était atterré : "vous deviez souffrir le martyr Madame, je ne sais pas comment vous avez tenu le coup avec des douleurs importantes comme ça".

L'anesthésiste m'a dit que je m'étais bien battue et le gynéco m'a dit que j'avais vraiment envie de vivre !!

J'ai rencontré des gens formidables dont une sage-femme qui est venue me parler : elle a appris qu'elle était stérile alors qu'elle suivait ses cours de sage-femme. Elle a quand même voulu exercer ce métier mais je me doute que ce doit être difficile à vivre tous les jours.

Je suis donc ressortie de cet hôpital avec une cicatrice de 20 cm, quelques centimètres de colon en moins mais une pêche d'enfer et un moral au beau fixe.

L'année suivante, ce même gynéco a dû enlever les trompes et là j'avoue que le moral était assez bas.

Mais la vie continue et la bataille aussi!

C'est reparti pour les FIV. Aujourd'hui, nous en sommes à 6 et toujours pas de bébé.

Je ne parle pas des traitements au Décapeptyl ou Enantone avec bouffées de chaleur, baisse fulgurante de la libido etc, etc ...

Le couple est mis à rude épreuve et j'avoue que j'ai plusieurs fois proposé à mon mari une séparation : je veux qu'il soit heureux, avec des enfants et une femme épanouie et câline !! de le voir désespéré devant ma douleur physique et psychologique, je suis anéantie.

Mais il refuse de partir ! (ouf quand même !!)

Il y a quelques mois, je suis allée voir mon ostéopathe pour des douleurs dorsales et nous avons parlé de mes problèmes.

Et là, elle me conseille d'aller voir un naturopathe ou du moins d'essayer un régime alimentaire qui supprime tous les produits laitiers.

Je ne vais voir de naturopathe par contre je limite au maximum le lait et ses dérivés, et je découvre avec "bonheur" le soja !! Pas terrible au goût mais bon, qui sait ?

Nous tentons une FIV qui est un semi échec (la 5ème). Le biologiste qui souhaitait au départ que cela soit la dernière nous incite fortement à tenter une ultime fois.

Rendez-vous est pris et en juin 2004, 6ème FIV qui est aussi un semi échec mais des résultats plus qu'encourageants ! J'appelle l'après-midi après avoir obtenu les résultats de la prise de sang. J'ai des saignements donc je suis sereine. Le biologiste a un discours un peu bizarre et au bout de quelques minutes, je lui dit "je ne comprends pas, j'ai des saignements donc c'est un échec ?".

Lui me répond "mais madame, vos résultats sont POSITIFS ! pour moi, c'est ok, il faut prendre rendez-vous avec le Doc B. et refaites une prise de sang dans 3 jours".

Je suis estomaquée mais en fait je n'y crois pas trop : dans la nuit, j'ai des saignements hémorragiques. Les tests, 3 jours après, sont bien évidemment négatifs.

Le biologiste, lui, nous reparle d'une autre FIV .
Nous devrions recommencer un traitement au printemps : on ne peut pas rester comme ça sans tenter encore une fois.

Pour finir, j'ai vu mon gynécologue la semaine dernière et devinez ? Il n'a jamais fait sur moi une aussi belle "photo" de mes ovaires !! Je n'ai ressenti aucune douleur lors du frottis ou de l'écho endovaginale !! et je peux dire que mes règles sont quasiment sans douleurs !! Il n'en revenait pas !! Le moral est remonté en flèche.

Par contre, je rencontre, comme beaucoup d'entre vous, des problèmes de libido. Mon gynéco pense que c'est normal vu les traitements subis, le manque d'enfants etc. Il faut prendre le temps et laisser le corps et l'esprit se reconstruire mais je suis pressée : j'ai envie de me sentir Femme à défaut de mère, j'ai envie d'avoir envie !!

Alors je ne sais pas si la maladie recule grâce à mon régime alimentaire et grâce aussi à une reprise de l'activité sportive importante, mais en tout cas, il y a du mieux ! Il faut donc garder espoir et ne pas vivre l'endométriose comme une fatalité : il faut battre cette "cochonnerie" et ne pas subir la douleur. J'essaie sans arrêt de nouveaux trucs pour la constipation et il y a une méthode qui marche : un verre d'eau Hépar le matin à jeun, suivi d'un kiwi, de 3 noix, 3 pruneaux et un petit bol de lait de soja avec des céréales. Transit et vitalité assurés !!

Pour les douleurs menstruelles (j'avais avant des spasmes au niveau du rectum : horrible), je prends des comprimés de Prontalgine et du Spasfon.

Bonne chance à toutes !!

NDLR : les médecines douces aident à soulager les douleurs et peuvent donner un coup de pouce à la fertilité mais aucune ne guérit l'endométriose. Un suivi gynécologique classique et régulier est nécessaire.

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