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Aline - Le droit de disposer de son corps.

Coup de gueule à messieurs les médecins

Endométriose ou le droit de souffrir pour raison d'éthique
20 ans maintenant qu'il se passe au creux de mon ventre comme une mutilation. Cette opération/mutilation dont il ose me parler et qu' il m'interdit pour raison d'éthique n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan de mes souffrances quotidiennes.

Comment un médecin qui aime les enfants peut décider pour raison d'éthique de m'enlever le droit aux éclats de rires que je connais depuis quelques temps sans avoir besoin de me tenir le ventre de douleur ?

Comment un gynécologue qui part du principe, et je le cite, "qu'une femme qui souffre cela n'est pas normal.... qu'il faut être le dernier des imbéciles pour imposer cela lorsque l'on a des solutions qui sont les nôtres à notre époque " !!

Comment ne serait-ce qu'un instant, tout simplement, un homme, peut-il avoir le droit de décision sur mon propre corps ! De m'imposer de vivre au quotidien ces douleurs et souffrances qui sont les miennes sous la simple raison que je n'ai que 38 ans et que je n'ai pas eu d'enfant ! Que sait-il de ma vie, il ne m'a même pas demandé mes raisons d'invoquer le droit à être opérée !

Alors si j'ai bien compris le discours de ces grands penseurs de la médecine qui se protègent derrière des textes qui englobent toutes les femmes, il est de mon devoir parce que je suis trop jeune de continuer de porter ma croix en souriant !

Tout va bien messieurs ! Cela fait 25 ans que mon corps se vide d'un liquide noirâtre aux aspects de charbon gluant et tout cela accompagné de spasmes et de nausées.

Plus de 20 ans que la moindre crise de fou rire se transforme en crise de larmes avec la délicieuse sensation qu'un être imaginaire me sort avec des pinces le creux de mes entrailles par mon sexe devenu sale et que le tout se révolte en s'accrochant à mon nombril par l'intérieur comme si l'on y enfonçait des aiguilles à tricoter.

Sans compter les douleurs du reste du corps, prolongements des réactions de mon ventre.

Plus de vingt ans que le simple besoin d'aller à la selle est un parcours du combattant... Imaginez-vous, messieurs les bons penseurs et décideurs de vie des autres, Imaginez-vous vivre avec une sensation de gastro-entérite au quotidien ? Avoir ou ne pas avoir de règles...Quand vont-elles se déclencher ? de quelle façon ? Porter en permanence, juste au cas où, les protections les plus diverses tant à cause des risque de pertes, qu'à cause d'incontinences... Pas facile de rester femme et sexy après cela...Mais je m'y emploie.

Là, voyez-vous, cher toubib, je n'ai parlé que de douleurs qui m'appartiennent. Mais il faut en plus que vous m'enleviez le droit au bonheur partagé. Oui je n'ai "que" 38 ans. Mais pour la première fois de ma vie je rencontre un homme plein de valeurs et merveilleux qui semble n'être ici bas que pour mon bonheur.

Que de sensations de paix intenses partagées. Quel bonheur de savoir qu'il est possible de tenir le corps de mon amour après nos étreintes et de garder au fond des yeux le sourire de celles-ci car elle se sont bien passées (...) Quelle nouveauté !! Quelle découverte !!

Et l'on vient me dire que ce que je connais depuis le traitement d'Enantone va s'arrêter car je suis trop jeune pour avoir droit à une opération et par conséquent au plaisir d'une vie sans contrainte !!

Si je suis votre raisonnement, cher gynécologue, une femme qui souffre a le droit d'être récompensée en étant soignée si elle a eu des enfants... Pour les autres femmes, elles peuvent se rhabiller ! Pas d'enfant = pas de récompense !! Porte ta croix et ferme-la, tu n'avais qu'à faire comme tout le monde. Ton corps n'a pas servi normalement.... quel propos dégradant et humiliant.

J'ai, depuis le traitement d'Enantone et grâce à celui-ci, connu ces derniers mois le parfait amour et l'épanouissement total affectivement, mentalement, physiquement et sexuellement.

Même si les effets secondaires sont très difficiles à vivre et je vous en dispense la liste, je sais, tout mon corps sait qu'une ménopause artificielle provoquée par traitement comme celle déjà vécue et par chirurgie comme celle que je réclame, est le bout du tunnel de mes souffrances quotidiennes.

Ne confondez pas cher toubib entre l'envie d'avoir un enfant de l'homme que j'aime et ne pas vouloir faire cet enfant.

Chaque fois que mon homme me tiens dans ses bras, chaque instant avec et sans lui, tous les regards qu'il me porte avec tant d'amour et de respect, me font au plus profond de mon être désirer cet enfant de lui. Un petit être qui serait le prolongement de nous et de notre amour, ce petit bout de vie qui serait l'évidence de notre complicité actuelle, future et à jamais.

Que nos descendances puissent raconter comment note Amour était pur et que nulle part en ce monde il n'existe une symbiose approchante. Que notre souffle n'est qu'un, les battements de nos cœurs identiques.

Chaque fois que mon homme me tient dans ses bras, oui, je désire un enfant de lui et cela me parait tout à fait naturel. Mais ce que je désire encore plus que cela, c'est que mon homme seul me tienne dans ses bras. Et que cet Amour ne soit pas partagé exclusivement par un seul enfant que nous aurions fait égoïstement. Nous avons tellement d'amour à donner à tant d'autres enfant et d'autres êtres ici bas. Nous nous voulons libres à deux afin d'être plus disponibles au bonheur des autres.

De plus, je pense à mon âge, bien que considérée trop jeune par mon gynécologue pour subir une hystérectomie, je pense être trop vieille pour avoir un enfant. Mon vécu de privations de toutes sortes m'amène à la conclusion que ces merveilleux moments que je vis depuis ces derniers mois ne doivent pas s'arrêter et que moi seule ait le droit de décision sur ça, et j'entends par "ça" : mon corps et mon âme.

Je veux rester avec cette spontanéité d'enfant qui s'émerveille chaque jour de chaque chose. Le simple fait d'une balade en forêt au bras de l'être aimé, partager nos silences et nos rêves. Comme lorsqu'il vient m'embrasser la nuit juste parce que sans cela il éprouve la sensation de n'être pas complet.

Depuis mon homme, j'ai des éclat de rires au fond du cœur. Et je ne souhaite partager cela avec personne d'autre, même pas pour un enfant.

Je sais que bien des femmes qu'on a opérées ont vécu cela comme une mutilation. Mais je sais aussi qu'autour de moi, et le plus proche exemple est maman, qu'une femme opérée heureuse, épanouie, qu'elle soit seule ou soutenue dans son couple, peut très bien vivre cette situation, surtout si cette opération est la solution à la fin de douleurs physiques.

Tout comme il n'existe pas "une" femme, il ne devrait pas exister "une" éthique. Il devrait exister autant de principes d'éthique que de femmes en tenant compte pour chacune d'elle de son vécu et de sa maturité.

Si on veut m'enfermer dans cette prison de douleurs que mon ventre revendique, alors puisque mon seul droit est de continuer de souffrir puisque je suis trop jeune, je décide de ne plus me soigner.

Il m'est indécent d'envisager après déjà 3 cœlioscopies, d'en subir encore d'autres alternées de traitements en attendant que j'aie l'âge et le droit de me faire opérer...

Il m'est indécent d'imaginer devoir attendre pour m'épanouir alors que la solution médicale la plus efficace existe. Allons-nous attendre que la maladie se soit propagée à d'autres organes pour agir ?

C'est ridicule ! Je suis encore assez forte pour faire face à une opération plutôt radicale en ce moment alors que dans 6 années, après maints traitements chimiques et effets secondaires, qu'auront-ils fait de mon corps et de mon ventre ? Sans parler de mon mental du stress et des conséquences sur ma vie de couple...

J'ai toujours écouté, respecté et eu confiance en la médecine.

Mais celle que l'on propose aujourd'hui ne me concerne plus car elle est celle des hommes et faite par eux. Je ne ferai subir à mon corps plus aucune opération "juste pour voir", "en attendant que". Je ne ferai subir à mon corps plus aucun traitement.

Nous détenons la solution la plus saine, efficace et radicale pour enrailler la maladie et je n'ai pas le droit pour raison d'éthique de la subir.

Vivons-nous au moyen-âge ? Je n'ai jamais laissé un homme décider à ma place de quoi que ce soit qui concerne mon corps et tout médecin qu'il soit, ça n'est pas lui qui va commencer.

Merci quand même de m'avoir fait connaître quelques mois sans douleur, j'aurai au moins eu une fois dans ma vie, accès aux sensations qu'une femme normalement constituée peut éprouver.

Il est seulement dommage de m'en ôter l'assiette après la première bouchée ... Tout simplement pour raison d'éthique ...

NDLR :

L'hystérectomie totale ne doit être envisagée que dans les conditions suivantes :

  • la patiente est parfaitement informée des conséquences de ce geste sur la qualité et la durée de vie future (adhérences et douleurs, ostéoporose, problèmes cardio-vasculaires, vieillissement précoce généralisé …) et des risques de récidive.
  • l'intervention est plébiscitée par la patiente
  • les traitements (chirurgie, médicaments) sont inefficaces et la patiente est fortement invalidée
  • le rapport bénéfice / désavantage est clairement en faveur de l'opération.

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