Aline - Endométriose pelvienne et ovarienne sévère.
Bonjour !
Je m'appelle Aline. J'ai bientôt 29 ans et comme vous toutes,
je souhaite apporter également mon témoignage car je suis aussi touchée par cette maladie.
Je viens de lire quelques témoignages et j'avoue que je ne pensais pas qu'il y aurait
tant de femmes qui seraient concernées par l'endométriose. Moi qui croyais que ce n'était
pas si fréquent... Après les avoir lus, je peux me sentir en quelque sorte soulagée car
finalement, je ne me sens pas seule et je suis vraiment ravie qu'une association telle
que la votre existe.
J'ai eu mes règles à l'âge de 11 ans. Jusqu'à mes 15-16 ans, tout me semblait normal. J'ai eu
de temps à autres quelques douleurs assez aiguës. Ca me mettait à plat. Ensuite, le cauchemar
n'avait fait que commencer. En juillet et en août 1998, j'ai ressenti d'atroces douleurs
dans le bas-ventre. Tellement atroces que j'aurais souhaité que l'on abrège mes
souffrances. J'en pleurais, serrais des dents, m'agitais dans tous les sens. Je voyais
en ce temps-là une gynéco au CHU, qui me disait que je devais passer par une coelio
après des examens.
En septembre 98, je rentrai au CHU et ne devais y rester que trois jours.
Malheureusement, ce fut autrement. La coelio, en elle-même, s'était bien passée. Rien ne
m'avait été retiré, mais seulement un décollement du rectum de l'utérus, car j'ai un utérus
rétroversé. Mon réveil s'est bien fait, mais 3-4 heures après avoir assimilé le
petit déjeuner, j'ai commencé peu à peu à ressentir une douleur dans tout le ventre
avec une respiration très rapide et très courte. J'avais du mal à respirer. Les médecins
pensaient que je faisais une occlusion intestinale.
Je suis repassée sur la table
d'opération, ils m'ont ouverte, nettoyée les intestins et n'ont rien constaté.
Finalement, c'était seulement dû à mon transit qui était mal reparti. Donc, je suis
restée 7 jours de plus au CHU avec sonde gastrique, urinaire, rectale et un tuyau dans
l'intestin. Je suis sortie, fatiguée, avec des kilos en moins et un traitement d'Enantone
durant trois mois, dont la première injection m'a été faite à ma sortie d'hôpital. Je me
remettai tout doucement.
Ensuite, quelques mois plus tard, mon ami et moi avions un désir d'enfant.
Nous avions essayé pendant près d'un an. Rien ne venait. On avait fait des examens, avec
des échos pour moi en plus de traitements et de prises de sang. Puis au mois de janvier 2001,
j'ai reçu un courrier de ma gynéco qui me disait que j'avais un kyste qui devenait
trop inflammatoire, d'après une prise de sang sur la LH plasmatique et l'estradiol.
J'avais reçu comme un coup de poignard dans le coeur. je pensai que je n'avais plus
de problèmes gynécologiques.
Ce fut ainsi que je fut opérée pour la deuxième fois, à la polyclinique cette fois-là. A mon
réveil, le gynéco m'annonçait qu'il m'avait enlevé la trompe et l'ovaire droit et qu'il
les avait envoyés se faire analyser. Les résultats décrivaient bien un kyste endométriosique.
En 2002, j'ai eu un traitement de Décapeptyl, qui n'a d'ailleurs rien donné.
J'ai passé une coloscopie pour des adhérences intestinales en milieu d'année et une IRM en
fin d'année. Tous confirmaient concrètement l'atteinte de l'endométriose.
Depuis août 2002, après que mon gynéco m'ait annoncé non seulement l'abblation de mon
ovaire gauche, mais également de mon utérus, j'ai commencé à déprimer et depuis
je prends des anti-dépresseurs pour m'aider à surmonter ce passage, même si j'avais
réussi à me remonter le moral et commencé à faire le deuil de la maternité. Je sais
désormais qu'il y a des cas plus grave que moi.
En ce moment, je ne souffre plus de douleurs et en ce début de nouvelle année, je
sais que je vais me faire opérer pour la troisième et dernière fois. J'appréhende pas
mal, mais j'avoue que je n'ai plus trop la force de me battre contre cette maladie. Car
j'ai peur de son évolution et de souffrir encore le martyr. Je ne veux plus avoir mal
comme j'ai eu mal en juillet et en août 1998. Quand j'ai lu certains témoignages qui
racontaient leurs souffrances pendant tant d'années, ça m'abat. Une femme n'a pas le droit
de souffrir de son propre corps, surtout quand il s'agit d'un mal qui "ronge" ce qui
peut faire d'elle une mère.
Moi, je me laisse en quelque sorte "abattre" en passant par cette ultime opération, mais
les femmes et jeunes filles qui peuvent continuer à se battre contre cette maladie,
je vous incite à continuer et suis de tout coeur avec vous toutes. Merci à votre
association d'exister et j'espère sincèrement que l'endométriose finira par se
faire connaître davantage. Merci de m'avoir lue.
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