 |
  
LA FEMME ENDOMETRIOSIQUE EST- ELLE DIFFERENTE ?
Alain AUDEBERT
IGF1 - 35, rue Turenne - 33000 Bordeaux
Avril 2006
INTRODUCTION
De plus en plus de faits laissent à penser que la femme atteinte d'une endométriose
présente des caractéristiques qui la rendent différente des autres femmes. Ces
considérations ne concernent, bien évidemment, pas :
- les endométrioses de l'adolescente liées à un obstacle à l'écoulement des règles
(par exemple une malformation obstructive), véritables endométrioses expérimentales ;
- ni les implants péritonéaux limités, liés au reflux menstruel. Ces lésions sont en
remodelage constant, les faisant régresser spontanément et réapparaître au fil des cycles
menstruels. Elles sont associées ou non à des symptômes, et considérées par certains
comme "physiologiques" (1).
Elles n'entrent pas dans le cadre de la situation considérée dans cette brève revue, celle
de l'endométriose "maladie" (2), qui pose les problèmes les plus difficiles à résoudre en
pratique.
En effet, l'endométriose "maladie" est la forme associant à la fois les lésions et les
symptômes les plus sévères, elle se caractérise aussi par une plus forte propension à la
récidive et à la rare dégénérescence des lésions.
Il apparaît clairement aujourd'hui que, dans ces cas, le terrain joue un rôle majeur. Il
est malheureusement encore impossible de valider cette "impression" par des tests pertinents.
Nous nous proposons de faire une brève revue des données récentes apportant des arguments
pour démontrer que les femmes affectées par cette forme de l'endométriose ont des
caractéristiques particulières.
DES ANOMALIES GENETIQUES
Il est bien admis que l'endométriose est une affection polygénique et multifactorielle,
liée aux abérations de divers gènes et à des facteurs environnementaux (3).
Depuis longtemps, l'implication de la génétique était soupçonnée avec, en particulier,
l'observation :
- d'une tendance familiale démontrée par des études épidémiologiques (4)
- d'une augmentation de l'incidence et de la sévérité de l'endométriose chez les femmes
ayant un parent au premier degré atteint de la même affection (5)
- d'une grande fréquence d'atteinte simultanée de soeurs jumelles (6)
Au cours de cette dernière décennie, une recherche intensive dans ce domaine, grâce aux
nouveaux outils de la cytogénétique moléculaire, a enfin été entreprise. Celle-ci a permis
de mettre en évidence de nombreuses altérations touchant plusieurs chromosomes
(5q, 6q, 9p, 11q, 22q….) (3). De nombreux gènes candidats ont été identifiés. Ils
concernent la synthèse et l'action des stéroïdes, le développement cellulaire
(cytotoxicité, apoptose…), les capacités d'adhésion et d'invasion et surtout de nombreux
gènes impliqués dans la tumorogénèse.
Certes, on est loin d'avoir identifié les gènes cléfs pour l'initiation de cette affection,
permettant d'entrevoir le dépistage des sujets à risque, voire de disposer d'un réel
traitement préventif...
Néanmoins il est raisonnable de penser que les femmes ayant cette endométriose maladie *
présentent des anomalies génétiques responsables, au moins en partie, de la sévérité des
lésions, de leur tendance à l'aggravation et à la récidive, de leur échappement dans
certains cas au contrôle hormonal, comme les formes résistantes au traitement médical
actuel (7, 8) et probablement aussi de leur dégénérescence (9).
UN ENDOMETRE DIFFERENT
Cette "théorie" récente est basée sur la mise en évidence de particularités de l'endomètre
des femmes présentant une endométriose. Elle admet une relation causale et l'implication de
ces anomalies endométriales dans la genèse de l'endométriose.
La recherche fondamentale a identifié de nombreuses altérations fonctionnelles de ce tissu
à activité biologique complexe, en comparant l'endomètre de femmes présentant une
endométriose avec celui de femmes non atteintes.
Ces anomalies sont capables de favoriser certaines étapes du processus, selon la théorie de
l'implantation de Sampson, conduisant à l'implantation ectopique de cellules endométriales
et à leur croissance ; il s'agit schématiquement :
- d'une augmentation de la production locale d'estrogènes, ayant pour conséquence une
stimulation des facteurs de croissance, en raison de la présence de l'aromatase P450 (10)
qui est stimulée par la prostaglandine PGE2, elle-même fortement induite et libérée par
l'ocytocine (11) mais aussi d'une expression accrue de la cyclooxygénase-2 dans
l'épithélium glandulaire (12) ;
- d'une résistance accrue à la cytotoxicité des lymphocytes T (13) et d'une expression
anormale aux antigènes HLA-DR et HLA-BC (14) ;
- d'une activité biologique accrue, avec une production significative d'IL-1 bêta et de
TNF alpha (15), indiquant une déviation du profil des cytokines, avec une bio activité
accrue des RANTES (16) et avec une angiogénèse augmentée, comme l'expression de VEGF (17) ;
- d'une survie anormale des cellules endométriales, avec une apoptose spontanée
significativement diminuée, indépendamment du cycle menstruel (18)et l'expression accrue de
la cycline kinase p27Kipl (19);
- d'une capacité d'invasion accrue, avec une expression augmentée des MMPs et diminuée de
l' ARNm de TIMP-3 (20), entraînant une activité protéolytique augmentée.
La compréhension du rôle et l'identification de ces déviations fonctionnelles, si leur
causalité est démontrée, pourraient conduire, dans l'avenir, à proposer des thérapeutiques
préventives par normalisation des anomalies les plus aptes à faciliter l'implantation
ectopique de l'endomètre.
Malgré ces incertitudes, il apparaît aussi probable que cet endomètre, soit
particulièrement adapté à survivre, se greffer et se développer (avec possiblement à
l'origine des anomalies génétiques), il s'agit d'une spécificité de beaucoup de femmes
atteintes d'endométriose.
DES PARTICULARITES FAVORISANTS LA DOULEUR
1- Profil psychologique
Peu de publications se sont réellement intéressées à l'état psychique des femmes présentant
une endométriose. Nous n'aborderons pas le sujet controversé du rôle du psychisme et du
stress dans la genèse de l'endométriose ou celui des algies d'origine psychique. Nous
rappellerons brièvement, selon leur chronologie, les quelques études disponibles concernant
l'évaluation des facteurs psychologiques chez les femmes présentant une infertilité ou des
douleurs associées à l'endométriose.
Une étude chez 11 femmes présentant une endométriose a montré que leur développement
psychosexuel était influencé négativement et que, par ailleurs, leurs relations avec autrui
et en particulier les médecins étaient modifiées (21).
Une première étude concernant des femmes infertiles ont montré qu'elles présentaient un
niveau d'anxiété plus grand les rendant plus sensibles au stress (22). Les auteurs estiment
que ces femmes, en raison d'une anxiété plus grande, sont plus aptes à développer une
endométriose (22). Un autre groupe de 56 femmes infertiles, dont 38 ayant une endométriose
et 18 une infertilité tubaire, ont été soumis à des tests psychométriques (23). Les femmes
présentant une endométriose ont montré des niveaux plus élevés d'anxiété et une tendance à
une plus grande préoccupation somatique (23).
Davantage d'études ont concerné, plus spécifiquement, les femmes présentant des douleurs
chroniques. Les femmes présentant des douleurs chroniques associées à une endométriose ou
sans cause identifiée n'ont pas un profil psychologique différent (24). Par contre, en
comparaison avec un groupe témoin, elles ont des sores plus élevés en ce qui concerne la
dépression, l'hyponchondrie, l'anxiété et la psychasthénie et une plus forte tendance à la
névrose (24). Une autre étude a montré que les femmes présentant une endométriose et des
douleurs avait un état d'anxiété plus marqué (25). Une autre compare des femmes algiques
avec endométriose à des cas où la douleur reste "inexpliquée" (26). Aucune différence ne
fut retrouvée en ce qui concerne l'humeur et la personnalité, par contre, les femmes ayant
une endométriose avaient des douleurs plus sévères et un retentissement social plus
important (26). Dans une autre étude, 81 femmes présentant des algies pelviennes, dont
40 avec une endomériose, ont été soumises à des tests psychométriques, les scores sont
plus élevés pour l'introversion, la névrose, le psychotisme et l'anxiété, et le profil
psychologiques des femmes ayant une endométriose est différent de celui des autres femmes
algiques pour d'autres causes (27). Plus récemment, chez 50 femmes présentant une
endométriose, la prévalence de la dépression a été évaluée à l'aide du Beck's Depression
Inventory modifié (28). 92% des femmes présentaient des symptômes dépressifs, modérés ou
importants dans 56% des cas. Enfin, une dernière équipe a souligné l'importance des
facteurs psychosomatiques, psychosexuels, sociaux et biographiques dans le cadre de
l'endométriose (29).
2 - Sensibilté à la douleur
L'hypothèse d'une répercussion au niveau central des signaux nociceptifs répétés liés aux
lésions endométriosiques a été évaluée au plan clinique. Une étude a porté sur 10 femmes
présentant une endométriose prouvée par coelioscopie, elles ont été comparées à 10 femmes
appariées au plan de l'âge (30). Une injection intramusculaire de sérum salé hypertonique
de manière aléatoire au niveau d'un site lombaire où la douleur menstruelle était référée
et au niveau du premier muscle interosseux sur le versant dorsal de la main. L'intensité et
la surface de la douleur suiivant l'injection au niveau de la main ont été
significativement plus grandes chez les patientes ayant une endométriose (30). Au contraire,
au niveau du dos il n'a pas été retrouvé de différence. Ces constatations suggèrent que la
femme endométriosique a une hypersensibilité centrale à l'injection et à la pression au
niveau musculaire. Par contre, il semble qu'au niveau du dos un système inhibiteur
segmentaire soit activé (30).
Une autre étude a évalué le comportement à la douleur, liées à la mise en place d'un calcul
dans l'uretère, de rats (31). Chez certains animaux, une endométriose expérimentale a été
conjointement induite, des expériences antérieures ayant montré que ces lésions n'entraînent
pas de phénomènes douloureux. La présence de lésions endométriosiques a entraîné un
accroissement des phénomènes douloureux et de l'hyperalgie musculaire (31). Les auteurs
évoquent la possibilité d'un phénomène d'hyperalgie viscéro-viscéral, pour lequel la
présence des lésions endométriosiques augmente l'effet nociceptif, lié au calcul urétéral,
au niveau des segments cordaux habituels de la moelle épinière.
Enfin, une troisième étude a montré que les femmes présentant une dysménorrhée ont un seuil
abaissé à la douleur somatoceptive, induite par la chaleur et la pression, par rapport à
celles ne présentant pas de dysménorrhée (32).
Toutes ces études sont concordantes pour soutenir que les femmes présentant une
endométriose ont en effet une plus grande sensibilité centrale à la douleur.
CONDITIONS ALGOGENES ASSOCIEES
Les femmes présentant une endométriose ont aussi diverses pathologies associées liées soit
à un désordre immunologique (maladies autoimmunes, allergies, asthme, hypothyroidisme) (33).
Plusieurs conditions pathologiques douloureuses, soulevant souvent de nombreuses questions
en particulier diagnostiques, ont été aussi rapportées, avec une fréquence non négligeable,
chez des patientes présentant une endométriose (33). Un lien physiopathologique est
probablement le rôle des stéroïdes, dont la suppression est capable d'amener une
amélioration des douleurs, non seulement celles liées à l'endométriose, mais aussi celles
dûes à ces pathologies (34, 35, 36). Il faut aussi souligner les anomalies du profil
psychologique qui sont communes à ces affections et l'endométriose.
1 - Le syndrome de l'intestion irritable
Le syndrome de l'intestin irritable (Irritable Bowel Syndrome ou IBS) est le désordre
fonctionnel intestinal le plus fréquent parmi les affections touchant le tractus digestif.
Les critères diagnostics ont été l'objet de controverses, ayant conduit à proposer le
questionnaire diagnostic de Rome.
Cette affection touche une large tranche de la population, avec une prédominance féminine
chez laquelle elle est souvent associée aux fibromyalgies (37), puisque les taux de
prévalences rapportés dans la population générale varient de 4 % (38) à 22,9 % (39), avec
des taux moyens admis de 10 à 15 % (38, 40).
La physiopathologie est complexe associant des perturbations locales (troubles
immunologiques, hypersensibilité...), des perturbations centrales (perception abnormale
des évènements viscéraux) et des anomalies du profil psychologique, souvent liées à des
antécédents de violence physique ou sexuelle (41). Les relations avec le status hormonal
sont aussi probables, puisque les analogues de la Gn-RH améliorent la symptomatologie (36),
alors que le traitement hormonal substitutif de la ménopause est un facteur de risque
admis (42).
Ce syndrome est aussi associé aux fibromalgies, plus particulièrement chez la femme. La
fréquence de l'IBS et de l'endométriose chez les femmes présentant des algies pelviennes
chroniques explique que ces deux pathologies peuvent éventuellement être associées (43).
2 - La cystite interstitielle
La cystite interstitielle doit répondre à des critères stricts pour que son diagnostic
soit accepté (score des symptômes, test de sensibilité au potatium, aspects évocateurs à la
cystoscopie...).
Elle touche de nombreuses patientes se plaignant de douleurs pelviennes chroniques, parfois
associée à l'IBS (44) et aux fibromyalgies (45), et elle est souvent méconnue par le
gynécologue. Ainsi dans une série de 45 femmes programmées pour une coelioscopie en raison
de douleurs chroniques, 38 % avaient une cystite interstitielle selon les critères
recommandés (46). Dans une autre série de 244 femmes présentant des algies pelviennes
chroniques, 91 % des patientes présentaient un test au potassium positif (47). Dans une
étude rétrospective portant sur 60 femmes ayant des algies pelviennes chroniques, une
exploration urinaire (endoscopie et test de distension) et une coelioscopie ont été
réalisées (48). Chez 58 (96,6 %) et 56 (96,3 %) patientes les diagnostics de cystite
interstitielle et d'endométriose (dont 48 cas avaient une biopsie positive) ont été
respectivement portés. Parmi les 58 femmes ayant une cystite interstitielle, une
endométriose fut retrouvée dans 93,1 % des cas. Parmi les 56 femmes présentant une
endométriose, une cystite interstitiellle fut retrouvée dans 97,7 % des cas (48).
On retrouve donc une forte prévalence de l'association de l'endométriose et de la cystite
interstitielle dans cette série, et les auteurs recommandent de réaliser sytématiquement la
recherche de ces deux affections, de manière à ne pas retarder le diagnostic de l'une ou
l'autre. Un traitement par la pilule ou un analogue de la Gn-RH améliore la symptomatologie
dans un grand nombre de cas, qu'il y ait ou non une endométriose associée (34).
3 - La fibromyalgie
La fibromyalgie est un syndrome chronique caractérisé par des douleurs fibromusculaires, en
particulier au niveau du pelvis, des troubles du sommeil et de l'humeur, et de la fatigue
(49). Les critères retenus pour le diagnostic, malgré une apparente précision, sont parfois
difficiles à distinguer clairement d'autres syndromes somatiques fonctionnels, comme le
syndrome de fatique chronique (50) et l'IBS, ou de divers désordres psychiatriques
(dépression, anxiété), avec lesquels une association est fréquente (51).
Au plan physiopathologique, si de nombreuses hypothèses ont été proposées, peu sont
réellement spécifiques et la seule constante apparaît être une hyperalgie généralisée (51).
La forte prévalence de la fibromyalgie chez les parents, laisse aussi entrevoir un rôle de
facteurs génétiques et environnementaux (52).
La prévalence de ce syndrome est de l'ordre de 2 % dans la population générale, mais les
femmes sont davantage affectées (3,4 %), et elle augmente avec l'âge (le pic est atteint
entre 60 et 79 ans) (53). Dans certaines études, elle peut atteindre 15,7 % (52).
Une étude par questionnaire a été réalisée chez des femmes présentant une endométriose,
elle a réuni 3680 réponses exploitables (53). 31% des femmes avaient un diagnostic de
fibromyalgie et/ou de syndrome de fatique chronique. Ainsi une femme présentant une
endométriose a 7 fois plus de risques de présenter une fibromyalgie associée, en
comparaison avec la population générale (53). La fréquence augmente avec l'âge. Une
tendance familiale a aussi été retrouvée. Les limites de cette étude sont celles de toutes
les enquêtes de ce type, avec des biais possibles de recrutement bien connus.
UN RISQUE DE CANCER ACCRU
L'endométriose est une affection hormono dépendante, dont l'étiopathogénie, complexe et
incomplètement éclaircie, implique des facteurs génétiques, immunologiques et
environnementaux, avec des altérations souvent non spécifiques. Certaines de ces
altérations sont donc partagées avec de nombreuses autres affections, comme le lupus
érythémateux (54).
Dès lors il est important de savoir si la femme présentant une endométriose est davantage
exposée au risque de diverses affections ou de cancers gynécologiques ou non, en dehors de
la dégénérescence des lésions endométriosiques elle-mêmes, estimée survenir dans 0,7 à 1 %
des cas. Notre devoir d'information et de recommandation de mesures particulières à prendre
impose d'avoir une réponse claire à cette question.
L'épidémiologie est un outil susceptible d'apporter des éléments : 3 publications récentes
ont justement abordé ce sujet.
I - Quelles sont les affections malignes ayant un risque accru ?
En 1997, Louise Brinton a publié une première étude. L'étude des dossiers d'hospitalisation,
de 1969 à 1983, a permis d'identifier 20686 femmes pour lesquelles le diagnostic
d'endométriose a été porté avec certitude (55). Ces données ont été croisées avec celles du
Registre National Suédois des Cancers jusqu'en 1989. La durée moyenne de suivi a ainsi
atteint 11,4 années, permettant de constituer une cohorte de 216851 années femmes de suivi.
L'âge moyen à l'inclusion était de 38,8 années. L'incidence des affections observées a été
comparée à celle attendue dans la population générale pour une même période.
Les principales données figurent sur le tableau 1, où seules les affections pour lesquelles
l'intervalle de confiance dépasse 1 ont été retenues.
Tableau 1. Ratios d'Incidences pour différentes affections (55)
| Type d'affection |
N. observés |
N. attendus |
Ratio |
I C (95%) |
| Tous les cancers |
738 |
623 |
1,18 |
1,1-1,3 |
| Cancer du sein |
297 |
234 |
1,27 |
1,1-1,4 |
| Cancer ovaire |
29 |
15 |
1,92 |
1,2-2,8 |
| Lymphome NH |
28 |
15 |
1,79 |
1,2-2,6 |
L'un des biais de cette étude est le grand pourcentage de femmes ayant subi une
intervention gynécologique, avec en particulier beaucoup d'hystérectomies avec
oophorectomie bilatérale. L'oophorectomie à un jeune âge est bien connue pour réduire le
risque de cancer du sein. Ces interventions ont pu conduire ainsi à sous estimer le
risque de certains cancers.
Enfin la popluation étudiée, femme ayant été hospitalisée, est apte à avoir orienté
l'inclusion des formes d'endométriose les plus sévères.
II- Ces données ont-elles été confirmées ?
1 - Cancer du sein
Une étude cas-témoin, en 1993, avait déjà identifié un risque accru de cancer du sein (2).
Cette étude a comparé 354 de cancers du sein à un groupe contrôle de 747 cas, un OR de 1,8,
non significatif, a été retrouvé (56). Une autre étude de cohorte portant sur 15.844 femmes,
ayant eu une intervention gynécologique, a trouvé une légère augmentation du risque de
cancer du sein non significatif en cas d'endométriose (57). Deux études plus récentes n'ont
pas retrouvé de risque accru. La première, cas-témoin, a inclus 2173 cancers du sein et un
groupe contrôle de 1990 femmes, de moins de 55 ans (58). Elle a été conduite à l'aide de
questionnaires. Aucune augmentation du risque de cancer du sein, à un âge jeune, ne fut
retrouvée chez les femmes opérées pour une endométriose (58). La deuxième est une étude de
cohorte portant sur 37434 femmes, suivies pendant 13 années, et parmi lesquelles 3,8 %
présentaient une endométriose à l'inclusion (59). Aucune augmentation de risque de cancer
du sein ne fut mise en évidence (RR=1,0).
La plausabilité de cette association est pourtant soutenue par le fait l'endométriose et le
cancer du sein partagent non seulement des facteurs de risques communs (hormono dépendance
et hyperestrogènie), mais très probablement aussi des altérations génétiques communes.
Une augmentation modeste, ou non significative, du risque de cancer du sein a été retrouvée
dans plusieurs études. Elle n'a pas été confirmée par des études plus récentes. En l'état
des connaissances actuelles, il ne semble donc pas utile d'inquiéter inutilement les
patientes atteintes d'une endométriose à cet égard, elles doivent néanmoins suivre les
mêmes règles de dépistage que la population générale.
2 - Cancer de l'ovaire
La notion d'un risque accru de cancer de l'ovaire chez les femmes ayant une endométriose
est connue depuis longtemps et elle est régulièrement confirmée (60). C'est le site le
plus fréquent des cancers survenant chez ces patientes, avec près de 80 % des diverses
localisations (61).
Ce risque accru n'a pas été retrouvé dans une autre étude récente (59), mais le nombre de
femmes ayant présenté un cancer de l'ovaire dans la cohorte était trop réduit. Au
contraire, dans l'étude de Brinton (1), le risque est doublé par deux. La revue de la
littérature montre que ces cancers touchent préférentiellement la femme en préménopause,
que les lésions endométrioïdes et à cellules claires sont les types histologiques dominants
et enfin que dans la pluspart des cas, il s'agit de formes à développement locorégional et
de bas grade (60).
Dans une étude rétrospective observationnelle de cohorte, concernant le cancer de l'ovaire
(62), il a été observé que le ratio d'incidence standardisée (SIR) était augmenté
significativement (SIR = 1,98 avec un IC de 1,4-2,6) dans une population de femmes
infertiles en comparaison avec la population générale. En analysant les données selon la
cause d'infertilité, l'endométriose est celle qui est associée au risque le plus grand
(SIR= 2,48 avec un IC de 1,8-4,0) (62). Le risque est encore accru pour les patientes
présentant une infertilité primaire (SIR=4,19 avec IC de 2,0-7,7) (62).
L'endométriose et le cancer de l'ovaire partagent de nombreux facteurs intervenants dans
leurs étiologies ou leurs physiopathologies respectives (63) : mêmes climats hormonaux
promoteurs, inflammation (stress oxydatif, cytokines, facteurs de croissance et
angiogéniques…), anomalies immunologiques…En outre, diverses altérations génétiques sont
communes (64).
Le risque accru de cancer de l'ovaire chez la femme présentant une endométriose est bien
une réalité. Cette notion doit être connue, non seulement au moment des décisions
thérapeutiques, mais aussi plus tard lors du suivi à longs termes des patientes.
3-Lymphome non hodgkinien
L'augmentation de diverses maladies du sang, et plus particulièrement des lymphomes non
hodgkiniens (NH), est une découverte moins attendue.
C'est le seul point d'accord des deux études épidémiologiques qui ont évalué cette
pathologie avec des RR respectivement de 2,05 et 1,8 (55, 59). Le risque est encore plus
grand pour la sous variété nodale, puisqu'il est de 3,2 (6). Dans l'étude de Brinton, 28
cas ont été observés dans la cohorte de 20.686 femmes ayant une une endométriose, alors que
les calculs avaient laissé attendre 15 cas seulement (55). Cela représente 13 cas
supplémentaires, soit 0,062 % d'incidence accrue et une incidence totale de 0,13 %. Dans
l'étude d'Olson (59), 243 cas de lymphomes non NH pour une cohorte de 37.434 femmes, soit
une incidence de 0,65 %.
Diverses hypothèses, pour expliquer cette association, ont été proposées. Parmi elles, les
anomalies immunitaires humorales ou cellulaires décrites en cas d'endométriose sont
susceptibles de jouer un rôle (réduction de la cytotoxicité des lymphocytes T et activation
des cellules B par exemple). Certains agents thérapeutiques utilisés dans l'endométriose
ont un effet immunosuppresseur (danazol, progestatifs), et les cas de lymphome NH rapportés
sont du type de ceux associés habituellement à une immunosuppression. Une autre hypothèse
est le rôle de certains polluants environnementaux, comme la dioxine (60).
Bien qu'heureusement très rare, la survenue d'un lymphome non hodgkinien, chez la femme
présentant une endométriose, doit être connue par les praticiens et les patientes.
CONCLUSIONS
La femme endométriosique, et plus particulièrement celle qui souffre et présente des
lésions sévères, n'est pas comme les autres.
Elle se distingue tout d'abord au plan génétique, car elle peut être porteuse d'abérrations
aptes à la prédisposer à cette affection, avec par exemple un endomètre ayant des
propriétés exacerbant ses capacités à survivre et à se greffer, à avoir des lésions plus
sévères et davantage récidivantes et probablement aussi à dégénérer, partageant des
altérations génétiques communes avec certains autres cancers.
Elle réunit aussi diverses particularités favorisant l'expression et la moins bonne
tolérance des phénomènes algiques. Elle semble en effet avoir une hypersensibilité centrale
à la douleur et un seuil abaissé pour les douleurs somatoceptives et enfin des troubles
psychologiques, qui sont retrouvés dans d'autre pathologies somatiques douloureuses. Elle
présente fréquemment une comorbidité avec des conditions algogènes fréquentes et souvent
méconnues par les gynécologues, comme le syndrome de l'intestin irritable, la cystite
interstitielle ou des fibromyalgies. Enfin elle est davantage exposée au risque de lymphome
non hodgkinien et au cancer de l'ovaire et peut- être aussi au cancer du sein.
Ces notions, certes encore controversées ou spéculatives pour certaines, doivent être
connues en pratique afin d'assurer une information, une prise en charge à courts termes et
à longs termes adéquates, impliquant, en particulier la multidisciplinarité et la prise en
compte d'éventuels troubles psychologiques.
BIBLIOGRAPHIE
1- Evers JL. Endometriosis does not exist; all women have endometriosis. Hum Reprod 1994 ;
9 : 2206-2209
2- Koninckx PR, Oosterlynck D, D'Hooghe T, Meuleman C. Deeply infiltrating endometriosis is
a disease whereas mild endometriosis could be considered a non-disease. Ann N Y Acad Sci
1994 ; 734 : 333-341
3- Bischoff FZ, Simpson JL. Heritability and molecular genetic studies of endometriosis.
Hum Reprod Update 2000 ; 6 : 37-44
4- Moen MH, Magnus P.The familial risk of endometriosis. Acta Obstet Gynecol Scand 1993 ;
72 : 560-564
5- dos Reis RM, de Sa MF, de Moura MD, Nogueira AA, Ribeiro JU, Ramos ES, Ferriani RA
Familial risk among patients with endometriosis. J Assist Reprod Genet 1999 ;16: 500-503
6- Moen MH. Endometriosis in monozygotic twins. Acta Obstet Gynecol Scand 1994 ; 73: 59-62
7- Takayama K, Zeitoun K, Gunby RT, Sasano H, Carr BR, Bulun SE. Treatment of severe
postmenopausal endometriosis with an aromatase inhibitor. Fertil Steril 1998 ; 69 : 709-713
8- Metzger DA, Lessey BA, Soper JT, McCarty KS Jr, Haney AF. Related Articles, Links
Hormone-resistant endometriosis following total abdominal hysterectomy and bilateral
salpingo-oophorectomy: correlation with histology and steroid receptor content. Obstet
Gynecol 1991 ; 78 : 946-950
9-Thomas EJ, Campbell IG. Molecular genetic defects in endometriosis. Gynecol Obstet Invest
2000 ; 50 : 44-50
10- Kitawaki J, Noguchi T, Amatsu T, et al. Expression of aromatase cytochrome P450
protein and messenger ribonucleic acid in human endometriotic and adenomyootic tissues
but not in normal endometrium. Biol Reprod 1997 ; 57 : 514-519
11- Takemura M, Nomura S, Kimura T, et al. Gene expression of oxytocin receptor in human
eutopic endometrial tissues. Adv Exp Med Biol. 1995 ; 395 : 491-493
12- Ota H, Igarashi S, Sasaki M, Tanaka T. Distribution of cyclooxygenase-2 in eutopic and
ectopic endometrium in endometriosis and adenomyosis. Hum Reprod 2001 ; 16 : 561-566
13- Helvaciogu A, Askel S, Peterson RDA. Endometriosis and autologus lymphocyte activation
by endometrial cells. Are lymphocytes or endometrial cells defects responsible ? J Reprod
med 1997 ; 42 : 71-75
14- Ota H, Igarashi S. HLA-DR expression in endometriotoc tissue in patient with
endometriosis and adenomyosis. Fertil Steril 1993 ; 60 : 834-838
15- Bergqvist A, Bruse C, Carlberg M, Carlstrom K.Interleukin 1beta, interleukin-6, and
tumor necrosis factor-alpha in endometriotic tissue and in endometrium. Fertil Steril 2001 ;
75 : 489-495
16- Hornung D, Bentzien F, Wallwiener D, Kiesel L, Taylor RN.Chemokine bioactivity of
RANTES in endometriotic and normal endometrial stromal cells and peritoneal fluid. Mol
Hum Reprod 2001 ; 7 : 163-168
17- Donnez J, Smoes P, Gillerot S, Casanas-Roux F,Nisolle M. Vascular endothelial growth
factor (VEGF) in endometriosis. Hum Reprod 1998 ; 13 :1686-1690
18- Meresman GF, Vighi S, Buquet RA, Contreras-Ortiz O, Tesone M, Rumi LS. Apoptosis and
expression of Bcl-2 and Bax in eutopic endometrium from women with endometriosis. Fertil
Steril 2000 ; 74 : 760-766
19- Matsuzaki S, Canis M, Murakami T, Dechelotte P, Bruhat MA, Okamura K. Expression of the
cyclin-dependent kinase inhibitor p27Kip1 in eutopic endometrium and peritoneal
endometriosis. Fertil Steril 2001 ; 75 : 956-960.
20- Chung HW, Wen Y, Chun SH, Nezhat C, Woo BH, Lake Polan M. Matrix metalloproteinase-9
and tissue inhibitor of metalloproteinase-3 mRNA expression in ectopic and eutopic
endometrium in women with endometriosis: a rationale for endometriotic invasiveness. Fertil
Steril 2001 ; 75 : 152-159
21- Bodden-Heidrich R, Hilberink M, Frommer J, Stratkotter A, Rechenberger I, Bender HG,
Tress W. Qualitative research on psychosomatic aspects of endometriosis. Z Psychosom Med
Psychother 1999 ; 45 : 372-389
22- Nijs P, Koninckx PR, Verstraeten D, Mullens A, Nicasy H. Psychological factors of female infertility. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 1984 ;18 :375-379
23- Strauss B, Didzus A, Speidel H. A study of the psychosomatic aspects of endometriosis. Psychother Psychosom Med Psychol 1992 ; 42 : 242-252
24- Renaer M, Vertommen H, Nijs P, Wagemans L, Van Hemelrijck T. Psychological aspects of chronic pelvic pain in women. Am J Obstet Gynecol 1979 ; 134 : 75-80
25- Walker E, Katon W, Harrop-Griffiths J, Holm L, Russo J, Hickok LR. Relationship of chronic pelvic pain to psychiatric diagnoses and childhood sexual abuse. Am J Psychiatry 1988 ; 145 : 75-80
26- Peveler R, Edwards J, Daddow J, Thomas E. Psychosocial factors and chronic pelvic pain: a comparison of women with endometriosis and with unexplained pain. J Psychosom Res 1996 ; 40 : 305-315
27- Low WY, Edelmann RJ, Sutton C. A psychological profile of endometriosis patients in comparison to patients with pelvic pain of other origins. J Psychosom Res 1993 ; 37 : 111-116
28- Lorencatto C, Vieira MJ, Pinto CL, Petta CA. Evaluation of the frequency of depression in patients with endometriosis and pelvic pain. Rev Assoc Med Bras 2002 ; 48 : 217-221
29- Lutje W, Brandenburg U. Psychosomatic aspects of endometriosis. Zentralbl Gynakol 2003 ; 125 : 281-285
30- Bajaj P, Bajaj P, Madsen H, Arendt-Nielsen L. Endometriosis is associated with central sensitization: a psychophysical controlled study. J Pain 2003 ; 4 : 372-380
31- Giamberardino MA, Berkley KJ, Affaitati G, Lerza R, Centurione L, Lapenna D, Vecchiet L.
Influence of endometriosis on pain behaviors and muscle hyperalgesia induced by a ureteral calculosis in female rats. Pain 2002 ; 95 : 247-257
32- Bajaj P, Bajaj P, Madsen H, Arendt-Nielsen L. A comparison of modality-specific somatosensory changes during menstruation in dysmenorrheic and nondysmenorrheic women. Clin J Pain 2002 ; 18 : 180-190
33- Sinaii N, Cleary SD, Ballweg ML, Nieman LK, Stratton P. High rates of autoimmune and endocrine disorders, fibromyalgia, chronic fatigue syndrome and atopic diseases among women with endometriosis: a survey analysis. Hum Reprod 2002 ; 17 : 2715-2724
34-Lentz GM, Bavendam T, Stenchever MA, Miller JL, Smalldridge J. Hormonal manipulation in women with chronic, cyclic irritable bladder symptoms and pelvic pain. Am J Obstet Gynecol 2002 ; 186 : 1268-1271
35- Huerta C, Garcia Rodriguez LA, Wallander MA, Johansson S. Users of oral steroids are at a reduced risk of developing irritable bowel syndrome. Pharmacoepidemiol Drug Saf 2003 ;12 : 583-538
36- Mathias JR, Clench MH, Roberts PH, Reeves-Darby VG. Effect of leuprolide acetate in patients with functional bowel disease. Long-term follow-up after double-blind, placebo-controlled study. Dig Dis Sci 1994 ; 39 : 1163-1170
37- Lubrano E, Iovino P, Tremolaterra F, Parsons WJ, Ciacci C, Mazzacca G. Fibromyalgia in patients with irritable bowel syndrome. An association with the severity of the intestinal disorder. Int J Colorectal Dis 2001 ; 16 : 211-215
38- Bommelaer G, Dorval E, Denis P, Czernichow P, Frexinos J, Pelc A, Slama A, El Hasnaoui A. Prevalence of irritable bowel syndrome in the French population according to the Rome I criteria. Gastroenterol Clin Biol 2002 ; 26 :1118-1123
38- Hungin AP, Whorwell PJ, Tack J, Mearin F. The prevalence, patterns and impact of irritable bowel syndrome: an international survey of 40,000 subjects. Aliment Pharmacol Ther 2003 ; 17 : 643-650
39- Kennedy TM, Jones RH. Epidemiology of cholecystectomy and irritable bowel syndrome in a UK population. Br J Surg. 2000 ; 87 : 1658-1663
40- Talley NJ. Irritable bowel syndrome: definition, diagnosis and epidemiology. Baillieres Best Pract Res Clin Gastroenterol 1999 ; 13 : 371-384
41- Quigley EM. Current concepts of the irritable bowel syndrome. Scand J Gastroenterol Suppl 2003 ; 237 : 1-8
42- Ruigomez A, Garcia Rodriguez LA, Johansson S, Wallander MA. Is hormone replacement therapy associated with an increased risk of irritable bowel syndrome? Maturitas. 2003 ; 44 : 133-140
43- Lea R, Whorwell PJ. Irritable bowel syndrome or endometriosis, or both? Eur J Gastroenterol Hepatol 2003 ; 15 : 1131-1133
44- Alagiri M, Chottiner S, Ratner V, Slade D, Hanno PM. Interstitial cystitis: unexplained associations with other chronic disease and pain syndromes. Urology 1997 ; 49 : 52-57
45- Clauw DJ, Schmidt M, Radulovic D, Singer A, Katz P, Bresette J. The relationship between fibromyalgia and interstitial cystitis. J Psychiatr Res 1997 ; 31 : 125-131
46- Clemons JL, Arya LA, Myers DL. Diagnosing interstitial cystitis in women with chronic pelvic pain. Obstet Gynecol 2002 ; 100 : 337-341
47- Parsons CL, Dell J, Stanford EJ, Bullen M, Kahn BS, Willems JJ. The prevalence of interstitial cystitis in gynecologic patients with pelvic pain, as detected by intravesical potassium sensitivity. Am J Obstet Gynecol 2002 ; 18 : 1395-1400
48- Chung MK, Chung RR, Gordon D, Jennings C. The evil twins of chronic pelvic pain syndrome: endometriosis and interstitial cystitis. JSLS 2002 ; 6 : 311-314
49- Barkhuizen A. Pharmacologic treatment of fibromyalgia. Curr Pain Headache Rep 2001 ; 5 : 351-358
50- Clauw DJ, Chrousos GP.Chronic pain and fatigue syndromes: overlapping clinical and neuroendocrine features and potential pathogenic mechanisms. Neuroimmunomodulation 1997 ; 4 : 134-153
51- Cathebras P, Lauwers A, Rousset H. Fibromyalgia. A critical review. Ann Med Interne (Paris) 1998 ; 149 : 406-414
52- Neumann L, Buskila D. Epidemiology of fibromyalgia. Curr Pain Headache Rep 2003 ; 7 : 362-368
53- Wolfe F, Ross K, Anderson J, Russell IJ, Hebert L. The prevalence and characteristics of fibromyalgia in the general population. Arthritis Rheum 1995 ; 38 : 19-28
54- Smith S, Hoxell R, Scott L. Is endometriosis associated with systemic lupus erythematosus ? Int J Fert 1993 ; 38 : 343-346
55- Brinton LA, Gridley G, Persson I, Baron J, Bergqvist A. Cancer risk after a hospital discharge diagnosis of endometriosis. Am J Obstet Gynecol 1997 ; 176 : 572-579
56- Moseson M, Koenig KL, Shore RE, Pasternack BS. The influence of medical conditions associated with hormones on the risk of breast cancer. Int J Epidemiol 1993 ; 22 :1000-1009
57-Schairer C, Persson I, Falkeborn M, Naessen T, Troisi R, Brinton LA. Breast cancer risk associated with gynecologic surgery and indications for such surgery. Int J Cancer 1997 ; 70 : 150-154
58- Weiss HA, Brinton LA, Potischman NA, Brogan D, Coates RJ, Gammon MD, Malone KE, Schoenberg JB. Breast cancer risk in young women and history of selected medical conditions. Int J Epidemiol 1999 ; 28 : 816-823
59- Olson JE, Cerhan JR, Janney CA, Anderson KE, Vachon CM, Sellers TA. Postmenopausal cancer risk after self-reported endometriosis diagnosis in the Iowa Women's Health Study. Cancer 2002 ; 94 : 1612-1618
60- Modesitt SC, Tortolero-Luna G, Robinson JB, Gershenson DM, Wolf JK. Ovarian and extraovarian endometriosis-associated cancer. Obstet Gynecol 2002 ; 100 : 788-795
61- Heaps JM, Nieberg RK, Berek JS. Malignant neoplasms arising in endometriosis. Obstet Gynecol 1990 ; 75 : 1023-1028
62- Brinton LA, Lamb EJ, Moghissi KS, Scoccia B, Althuis MD, Mabie JE, Westhoff CL. Ovarian cancer risk associated with varying causes of infertility. Fertil Steril. 2004 Aug;82(2):405-14.
63- Ness RB. Endometriosis and ovarian cancer : thoughts on shared pathophysiology. Am J Obstet Gynecol 2003 ; 189 : 280-294
64- Mhawech P, Kinkel K, Vlastos G, Pelte MF. Ovarian carcinomas in endometriosis: an immunohistochemical and comparative genomic hybridization study. Int J Gynecol Pathol 2002 ; 21 : 401-406
Page
précédente
 |
|
 |
 |
|
|